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La croissance de la production agricole mondiale va ralentir, selon la FAO et l’OCDE

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Dans leur rapport sur les Perspectives agricoles 2021-2030, la FAO et l’OCDE prévoient un ralentissement de la croissance de la production mondiale agricole dans les dix prochaines années (+1,4 % par an contre +1,7 % pour la décennie précédente). Un tassement qui s’explique notamment par un amenuisement des terres à cultiver.

La production agricole mondiale devrait continuer d’augmenter au cours de la prochaine décennie (+1,4 % par an), en réponse à une demande croissante, mais à un rythme plus lent que celui observé au cours de la décennie précédente (+1,7 % par an), estiment la FAO et l’OCDE dans leur nouveau rapport sur les Perspectives agricoles 2021-2030 publié le 5 juillet. Pour les principales cultures, la production devrait augmenter de près de 15 % d’ici 2029 (soit 582 Mt), dont 375 Mt pour les céréales, 80 Mt pour les oléagineux ou encore 42 Mt pour les racines et tubercules. Mais, comme la croissance des rendements se fera à partir d’une base plus élevée et que moins de terres seront mises en production (seulement 1,3 % des terres cultivées connaîtront une expansion), la hausse de la production agricole devrait enregistrer un certain ralentissement pour la prochaine décennie, explique le rapport. Les auteurs précisent que « l’expansion des terres cultivées ne devrait ainsi ne représenter que 5 % de la croissance de la production végétale mondiale ». À l’inverse, l’augmentation des rendements devrait être à l’origine de 88 % de la croissance de la production agricole mondiale au cours des dix prochaines années, estime le rapport. Dans les régions à haut rendement d’Amérique du Nord, d’Europe et d’Asie centrale, la poursuite de cette croissance sera principalement obtenue par l’adoption de technologies avancées (par exemple, la sélection végétale) et la mise en œuvre de meilleures pratiques culturales. En outre, l’intensification de la production contribuera également à la croissance agricole mondiale, notamment en Amérique latine, en Afrique subsaharienne et en Asie-Pacifique, où elle devrait représenter 10 à 15 % du total.

Intensification et hausse du nombre d’animaux

Dans l’élevage, la production de viande devrait augmenter de 12 %, grâce à des rapports de prix favorables. Cette hausse s’explique à la fois par l’amélioration de la génétique et de la santé animale ainsi que de meilleures pratiques de gestion et d’alimentation. « Cela permettra ainsi d’augmenter l’intensité de la production animale dans toutes les régions », note le rapport. Et d’ajouter qu’« en parallèle de cette intensification, la croissance de la production sera également soutenue par une hausse du nombre d’animaux ». La volaille devrait connaître la croissance la plus rapide, avec une augmentation prévue de la production de 16 % (20 Mio t), soit environ 50 % de la hausse prévue de la production totale de viande. De son côté, la viande porcine devrait augmenter de 11 Mio t d’ici 2029 (+9 %). Cette expansion sera largement concentrée en Chine, qui devrait représenter près de 60 % de la croissance de la production mondiale au cours de la prochaine décennie (+6,5 Mt). Dans l’UE, les restrictions environnementales devraient entraîner une baisse de la production de viande porcine de 2 % (-0,5 Mt) au cours de la période de projection, indique le rapport.

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Baisse de la production de viande bovine dans l’UE

Dans l’UE, le rapport prévoit une faible rentabilité du secteur de la viande bovine, qui s’explique en partie par « la baisse de la demande intérieure, ainsi que les importants gains d’efficacité réalisés dans le secteur laitier ». Cela devrait se traduire par une diminution de 6 % (-0,4 Mt) de la production de viande bovine au cours des dix prochaines années. En revanche à l’échelle mondiale, celle-ci devrait augmenter d’environ 9 %, alimentée par les principaux producteurs d’Amérique latine. Par exemple en Argentine, l’intensification des processus de production par le biais des parcs d’engraissement améliore continuellement les rendements, alors qu’au Brésil, l’intensification sera principalement réalisée par une meilleure gestion des pâturages, souligne le rapport. Enfin, parmi tous les produits d’élevage, les produits laitiers devraient toutefois, connaître la plus forte croissance (+20 %) au cours de la prochaine décennie en raison de la forte demande.

En parallèle d’un ralentissement de la production agricole mondiale, la population à l’échelle du globe devrait atteindre 8,4 Mrds en 2029 contre 7,6 Mrds en 2017 prévient le rapport. Un enjeu de taille alors que beaucoup d’incertitudes persistent en raison des effets de la pandémie de Covid-19 sur les pratiques de production (renforcement de l’autonomie alimentaire en particulier).