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La filière clémentine de Corse cherche des jeunes producteurs

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La clémentine de Corse ne connaît pas la crise. Le travail engagé depuis 1999 par l’Aprodec (Association de promotion et de défense de la clémentine corse) porte ses fruits et l’association ne compte pas faiblir : elle prépare déjà son avenir et veut renouveler la génération de producteurs.

« Les agrumes corses ont le vent en poupe ! », s’est réjoui Jean-Paul Mancel, président de l’Aprodec le 8 novembre. Entourés de trois blogueuses culinaires qui proposaient des ateliers autour de la clémentine de Corse, les agrumiculteurs (ils sont 135 à adhérer à l’Aprodec) étaient venus lancer la campagne de commercialisation de leur clémentine, labellisée sous IGP depuis 2004. Pour 2016, l’Aprodec estime la récolte à 30 000 tonnes. Une « bonne année » après la « très mauvaise » campagne 2015 où la production avait péniblement atteint les 17 000 tonnes. Quantité et qualité devraient être au rendez-vous pour la campagne 2016 et les cours devraient poursuivre la tendance haussière constatée depuis plusieurs années. « Ça tourne bien avec la grande distribution », explique Jean-Paul Mancel. La clémentine de Corse sous IGP est « un produit apprécié » plébiscité par les consommateurs.

Renouvellement des générations

Depuis quatre ou cinq ans, l’Aprodec constate que la filière gagne en attractivité. « Il y a des jeunes, souvent les enfants de producteurs, qui commencent à s’installer. Même des filles ! », note Jean-Paul Mancel. Cependant, un certain nombre d’agriculteurs en fin de carrière n’ont pas encore identifié de repreneur. « La moyenne d’âge des agrumiculteurs corses est de 55 ans », selon le président de l’Aprodec. « On réfléchit à un système, avec la chambre d’agriculture » pour trouver des solutions. Car les agrumiculteurs corses tiennent à ce que le potentiel de production soit maintenu, dans une région particulièrement soumise à la spéculation immobilière.

Verdissement et diversité

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Malgré des problèmes de cochenilles et fourmis, la clémentine corse est de moins en moins traitée, selon l’Aprodec. 15 % des vergers sont certifiés bio, les autres tendent à améliorer leurs pratiques. « Avant deux ans, nous voulons des vergers 100 % sans glyphosate », affirme Jean-Paul Mancel.

L’Aprodec compte également surfer sur la vague du succès corse pour poursuivre sa diversification de production. Le pomelo se développe déjà et la Corse commence à produire des oranges, bien reçues par les consommateurs.

« Avant deux ans, nous voulons des vergers 100 % sans glyphosate »