Malgré une conjoncture stable, la filière de la pomme de terre de l’île de Ré continue de maîtriser sa production, stabilisant les surfaces cultivées à 200 hectares et les tonnages produits à 3 000-3 500 tonnes maximum, ont indiqué ses responsables le 23 mars, présentant la saison 2004.
Seuls producteurs du secteur légumier à bénéficier d’une AOC pour l’instant, les professionnels de la filière limitent les surfaces et les rendements, comme dans la vigne, afin de maintenir la qualité et de travailler «le bouquet de saveurs» et la texture de la chair de leur produit, tout en contrôlant avec soin les conditions de commercialisation, comme l’a souligné Jean-Pierre Tromas, directeur de la coopérative maraîchère de l’île. L’AOC, qui date de 1998, délimite 900 hectares de cultures, mais les producteurs ne cultivent que 600 hectares, en rotations, ce qui fait 200 hectares effectivement cultivés. « Si la demande impose de faire 50 hectares de plus, on le fera, mais on ne passera pas à 600», a ajouté M. Tromas. La production de pomme de terre de Noirmoutier, qui bénéficie d’une bonne notoriété, mais pas d’AOC, est trois à quatre fois plus importante que celle de l’île de Ré, selon Claude Brullon, président de la coopérative.
Le taux de matière sèche doit être compris dans une fourchette de 15 à 19%, afin de conserver à la pomme de terre sa texture fondante. En dessous de 15%, le produit a trop de verdeur. Au-dessus de 19%, il devient farineux. L’Institut national des appellations d’origine (INAO) mène des contrôles toutes les semaines, tandis que deux producteurs, désignés par les professionnels, font des tests gustatifs à l’aveugle.
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La pomme de terre de l’île de Ré affiche un chiffre d’affaires de 2,3 millions d’euros. Environ 12% sont exportés vers le Danemark et le Royaume-Uni.