Le Sival d’Angers 2009, salon du matériel pour les fruits et légumes, a été l’occasion pour la filière de montrer qu’elle veut anticiper la future réglementation européenne sur le développement durable et non la subir. Outre la récompense des innovations pour la réduction des pesticides, le Sival a vu les professionnels réaffirmer avec force leur position en faveur de productions de proximité et de saison, cela afin de réduire les coûts énergétiques.
Le Sival d’Angers 2009, salon du matériel des fruits et légumes, horticulture et viticulture du Val de Loire, qui a ouvert ses portes le 14 janvier jusqu’au 16, a été plus que jamais une vitrine de la production durable vers laquelle veut tendre la filière. Celle-ci veut anticiper la future réglementation européenne sur le développement durable et non la subir. Plusieurs chantiers en cours motivent la position des organisateurs du Sival : « L’Europe travaille sur un étiquetage européen des produits alimentaires, sur un livre vert de la qualité des produits agricoles, tandis que la France envisage un bilan carbone pour chaque exploitation », a indiqué Bruno Dupont, président du Sival, le 14 janvier en inaugurant le salon.
Peu à peu l’innovation remplace les pesticides
La réduction des pesticides dans les fruits et légumes est déjà une réalité. Outre les avancées progressives de la lutte intégrée pour remplacer les insecticides par des prédateurs des parasites, comme sur l’exploitation de Joseph Socheleau, situé à Saint-Georges-des-Gardes (Maine-et-Loire), l’innovation réalisée par des entreprises remplaçant la lutte chimique a été primée. Ainsi, sur les trois « Sival d’or », un a été attribué au constructeur Afera pour son éclaircisseuse mécanique. Cette machine supprime les fleurs excédentaires à la place de produits chimiques. Un autre « Sival d’or » a été décerné à Syngeta Seeds, qui a mis au point une résistance à la hernie des crucifères. Cette résistance a été introduite dans des variétés de choux, choux de Bruxelles et choux-fleurs.
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Un référentiel distinguant le caractère local
Mais la réduction des pesticides n’est qu’un aspect du développement durable. Bruno Dupont, président du Sival et également de la Fédération nationale des producteurs de fruits, a réaffirmé (voir aussi Agra-Presse Hebdo n° 3 185 du 12 janvier 2009) la nécessité de mettre en valeur les productions de proximité et de saison par un « identifiant » distinguant les cultures respectant les critères écologiques et sociaux. « On voit réapparaître des vergers de pommes en Grande-Bretagne, avec des variétés anglaises, parce que les consommateurs britanniques veulent consommer davantage qu’avant des produits locaux », a souligné Bruno Dupont. Aux États-Unis, à travers le concept « Locavore » (« manger local »), les consommateurs américains recherchent des produits locaux, c’est-à-dire produits à moins de 160 km. « Jusque là on nous imposait des référentiels : Globalgap, Eurepgap, le cahier des charges de Carrefour, etc. Nous voulons avoir notre propre référentiel », a commenté le président du Sival.