Huit mois après le début de la crise avicole qui s’est manifestée par une baisse de consommation, la filière faite ses comptes. Les pouvoirs publics aussi, dont le ministre de l’Agriculture, Dominique Bussereau, recevait, le 31 mai, l’ensemble de la profession. Une quarantaine de millions d’euros a déjà été versée aux opérateurs, depuis les accouveurs jusqu’aux abatteurs en passant par les éleveurs. De nouveaux soutiens sont envisagés tandis que la France demande à l’Union européenne de participer au financement. En parallèle, Dominique Bussereau, comme les éleveurs, ont appelé à la création imminente de l’interprofession volailles.
Plus de 43 millions d’euros ont été distribués aux membres de la filière avicole, faisait état le ministère de l’Agriculture à la sortie d’une réunion étape le 31 mai. Une réunion demandée par le syndicalisme agricole conduit par le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer, et par Eugène Schaeffer, président de la CFA (Confédération française de l’aviculture). Ces crédits représentent une part d’un plan composant trois volets : 2 millions d’euros pour une campagne de communication ; 25 millions d’euros d’acompte sur des aides aux éleveurs ; 30 millions pour les entreprises d’accouvage, d’abattage, de transformation, de commerce en gros, somme qui a été complétée de 20 millions d’euros.
Préjudice supérieur
L’ensemble de ces aides (77 millions d’euros) ne correspond qu’à une part de ce que les professionnels évaluent comme dégât. Selon eux, le préjudice porté aux couvoirs est de 73 millions d’euros, celui des éleveurs est de 45 millions, tandis que les fabricants d’aliments auraient subi un préjudice de 22 millions et les abattoirs entre 170 et 190 millions d’euros. Au total, plus de 300 millions. La grande question est évidemment de savoir comment le ministère de l’Agriculture trouvera les moyens financiers d’aller au-delà des 43 millions versés. Il peut se tourner vers le budget français mais il compte surtout sur la participation européenne, qui pourrait financer 50 millions d’euros permettant de lancer des aides supplémentaires. De leur côté, les producteurs (CFA et FNSEA) ont indiqué, dans un communiqué du 1er juin, que « la solidarité nationale ne peut pas se faire à coup d’acompte, elle doit s’adapter à cette crise qui perdure.»
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Pour des mesures sanitaires moins drastiques
Les aspects financiers n’ont pas été les seuls à être évoqués lors de cette réunion. Le ministre de l’Agriculture s’est engagé à ce qu’une étude des mesures contre la grippe aviaire soit réalisée. Sans remettre en cause le principe de précaution, l’idée est de rechercher des mesures plus proportionnelles et moins drastiques que le confinement total dans le cas de survenance du virus dans des élevages. Ce qui aurait comme avantage premier d’avoir moins d’impact sur les reprises médiatiques et donc la baisse de consommation. Enfin, tous se sont accordés sur l’urgence à mettre en place l’interprofession volailles de chair avant l’automne prochain. Le ministre a paru, selon des participants, particulièrement insistant sur la nécessité de cette interprofession.