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La filière lait du Massif central veut devenir plus attractive

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Le Massif central ne bénéficie pas de l’attrait des zones de montagne pour les nouveaux installés. En cause, une faible valorisation du lait AOP. Mais la filière et les laiteries se mobilisent.

Comme partout en France, le renouvellement des générations d’éleveurs laitiers s’impose comme un enjeu majeur dans le Massif Central. La moitié des départs sont remplacés, un peu plus que la moyenne nationale. Cependant Christophe Perrot, chercheur à l’Institut de l’élevage (Idele), pointe un « effet de reconversion lait-viande ». Dans certains cas, le repreneur ne conserve que l’activité allaitante. Ces dernières années, l’installation d’éleveurs laitiers en zone de montagne a connu une belle dynamique : 26 % des installations en lait, pour seulement 22 % des actifs. Pourtant, le Massif central ne bénéficie pas de cet engouement. Un quart du lait est sous signe de qualité (AOP, IGP, AB), mais le prix payé aux producteurs reste peu incitatif. Les Vosges et la Franche-Comté, avec leurs fromages AOP à forte valeur ajoutée, sont plus attractives pour les aspirants éleveurs.

Chèque, prix et volumes garantis

« Le principal problème est que le prix du lait est quasiment au même niveau que la plaine, avec des coûts de production supérieurs », confirme Yannick Pechuzal, économiste au Criel Alpes Massif Central. Il note que « la grande majorité » du lait est vendue sans démarcation et que les valorisations AOP sont « majoritairement insuffisantes ».

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Pour aider les jeunes agriculteurs, la filière a mis en place une démarche collective via une « Charte d’avenir ». La branche régionale de l’interprofession laitière (Criel) versera, à partir de 2023, un chèque de 2 500 € à chaque nouvel installé, a-t-elle annoncé, le 5 octobre, au Sommet de l’élevage. Cet argent est destiné à financer en priorité des prises de congés, un accompagnement en ressources humaines – pour apprendre à gérer des salariés – et des actions sur la qualité du lait. Le président du Criel Jean-Michel Javelle met en avant que « le management et l’entente entre les associés » prennent une place de plus en plus importante dans le métier. La question du renouvellement n’est pas seulement celle de l’installation d’exploitants, abonde Christophe Perrot, qui parle de renouvellement « des actifs ». « Les salariés pourront ensuite devenir associés ou repreneurs », note-t-il.

D’ici 2030, le nombre de vaches laitières pourrait reculer de 10 % en Rhône-Alpes, 14 % en Auvergne et 24 % en Midi-Pyrénées, contre 13 % en moyenne nationale. Certaines laiteries, inquiètes de manquer de lait à l’avenir, ont pris des initiatives. C’est le cas des Fromageries Paul Dischamp qui s’engagent sur une garantie de volumes à produire sur trois ans et sur un prix de base minimum sur sept ans avec les nouveaux producteurs. En 2022, c’était 450 €/1 000 l pour le cantal, bleu d’Auvergne et fourme d’Ambert et 500 € pour le saint-nectaire (38/32, hors primes). Des prix rapidement rattrapés par l’inflation galopante des coûts de production…

Un chèque de 2 500 € à chaque nouvel installé