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Assemblée générale de Sopexa La France agroalimentaire pourrait faire bien mieux à l’exportation

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La France agroalimentaire pourrait obtenir de bien meilleurs résultats à l’exportation. C’est ce qu’a montré un débat organisé par Sopexa, groupe de marketing international alimentaire, à l’occasion de son assemblée générale, qui s’est tenue le 11 juin. Elle dispose d’atouts, à travers une attitude qui met mieux en valeur l’authenticité des terroirs tout en étant plus à l’écoute des attentes des consommateurs locaux à l’étranger.

La réalité des résultats français à l’export, ce sont des parts de marché en recul dans le domaine agricole et agroalimentaire, pourtant un fleuron de son économie. La constatation émane de Cécile Bassot, directrice générale de Sopexa, en introduction de l’assemblée générale, en présence de Guillaume Garot, ministre de l’Agroalimentaire. Mais des exemples sont là pour montrer les chances de réussite à l’international, surtout si on sait bien mettre en avant la « French touch » (la manière française), comme le signalait l’intitulé de l’assemblée générale.

La France n’a pas pleinement profité de la croissance des marchés

Certes, en quatre ans, les exportations des vins français vers la Chine ont progressé de 444%, mais la France n’a pas pleinement profité de la hausse des importations agroalimentaires dans le monde. Ainsi, sur les sept premiers pays importateurs de produits agroalimentaires français (Allemagne, Belgique, Royaume-Uni, Italie, Espagne, Pays-Bas, États-Unis), les filières françaises auraient gagné 5,2 milliards d’euros de plus entre 2002 et 2012 si la France avait conservé ses parts de marché, a indiqué Cécile Bassot. La France s’est faite doubler par l’Allemagne en termes d’export agroalimentaire en 2011 et par le Brésil en 2012, précise-t-on chez Sopexa.
La directrice générale de Sopexa a évoqué le désengagement de l’État français depuis environ cinq ans dans le domaine du soutien à l’export.
On rappelle chez Sopexa que la délégation de service public, associée à la mission d’intérêt général qu’assume l’agence en mettant en avant les produits et l’image de la France à l’international, n’a cessé de décliner. Elle était de 15 millions d’euros au cours de la première programmation quinquennale en 2008. Elle est de 9 millions d’euros pour la période 2013-2017.

Donner une image moins guindée et plus authentique

Des intervenants à la table ronde qui était organisée ont proposé de donner à l’étranger une image moins technique et moins élitiste des produits français, tout en affirmant davantage l’authenticité française. Cette attitude générale consiste à la fois à écouter les demandes des acheteurs étrangers sur la forme, mais sans céder sur le fond du savoir-faire français. Ainsi, le groupe Castel (négoce de vin) rajoute du sucre dans les vins rouges français qu’il embouteille en Russie, mais cela ne l’empêche pas de commercialiser, à côté, toujours en Russie, des vins rouges français plus classiques. Cécile Bassot a cité, pour l’approche de marchés rétifs à la culture française, des cas de pratiques de commercialisation du vin, à travers les « wines trucks », camions parcourant les villes pour vendre du vin en vrac aux États-Unis. De même, des fromages français vendus au Japon portent des noms de saisons, symboles importants pour les Japonais, et leur emballage représente des cerisiers en fleurs.
Mais à côté de ces approches souples et adaptées aux cultures différentes, l’art de vivre à la française est attendu. Luc Berland, directeur international de Lesieur, a témoigné : « Nous faisons des adaptations sur les emballages, mais nous ne transigeons pas sur le goût. Nous ne vendons pas aux Chinois de la mayonnaise blanche et sucrée, mais de la mayonnaise jaune et moutardée ». Et d’affirmer : « Les produits français bénéficient d’une excellente image. Cela renvoie à notre savoir-faire technique. En dehors des dérapages culinaires, nous avons une image culinaire spécifique. Le goût, telle est notre spécificité ».
Ainsi, « à partir du local, de leurs terroirs, les entreprises françaises peuvent reprendre pied dans la mondialisation, c’est l’inverse du repli sur soi », a résumé Guénaëlle Gault, directrice du département « stratégies d’opinion » de TNS Sofres.

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