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La grève se poursuit chez Labeyrie Fine Foods

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Plusieurs centaines de salariés de Labeyrie Fine Foods sont en grève depuis le 15 octobre. S’il se prolonge, le bras de fer pourrait perturber l’activité pour les fêtes de fin d’année, une période cruciale pour le groupe. De meilleures conditions de travail et une hausse immédiate des salaires sont au cœur des revendications des salariés.

Alors que les salariés de Labeyrie Fine Foods entament leur troisième semaine de grève, Stéphane Lecointre, représentant salarial FGTA-FO, est « toujours aussi motivé ». Le mouvement lancé le 15 octobre par les salariés de Saint-Geours-de-Maremne (Landes), où sont produits le foie gras et le saumon fumé qui ont fait la notoriété du groupe, vite rejoints par ceux du site d’abattage de Came (Pyrénées-Atlantiques), ne semble pas faiblir. Au cœur des revendications, de meilleures conditions de travail et une hausse immédiate des salaires de « 5 % au-dessus de l’augmentation conventionnelle de la branche prévue pour mars 2022 ». Pour Stéphane Lecointre, employé du site landais de Labeyrie depuis 1998, la situation est urgente : « Entre l’augmentation du prix de l’essence, de l’alimentation et de l’énergie… Certains salariés ont l’impression de survivre plutôt que de vivre. » Selon lui, environ 85 % des salariés de la production sont mobilisés sur les deux sites du Sud-ouest, les mettant quasiment à l’arrêt. « Il ne sort plus qu’un camion par jour, au lieu d’une quarantaine habituellement », précise-t-il. Pendant une semaine, ils auront même été rejoints par les salariés du site de Jonzac (Charente), avant qu’ils ne votent la reprise jeudi 28 ocobre.

Les trois entrevues avec la direction entre le 21 et le 29 octobre n’ont pas réussi à débloquer la situation, la faute à un « manque d’écoute », déplore Stéphane Lecointre. Les quelque 350 salariés mobilisés semblent toujours déterminés à obtenir gain de cause, « tant que la direction n’entendra pas raison », soutient-il. « Nous sommes leaders du marché, nous avons continué à faire des bénéfices confortables malgré la grippe aviaire et le Covid, nous avons les moyens pour cette augmentation. »

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Attendre jusqu’aux accords de branche

Labeyrie, qui n’a pas souhaité répondre à nos questions, s’était exprimé auprès de l’AFP le 22 octobre par la voix de Bertrand Delmas, son directeur des ressources humaines du groupe, assurant avoir « fait des propositions (salariales) équilibrées que le personnel a rejeté dans leur intégralité ». Cependant, « la porte de la direction reste ouverte et j’espère que la production pourra reprendre le plus tôt possible ». En effet, la période des fêtes est cruciale pour l’entreprise, qui réalise là la plus grande part de son chiffre d’affaires. La direction assure en outre qu’elle « tiendra les engagements issus des accords de branche dont le calendrier de discussions prévoit une prochaine rencontre le 1er décembre et même encore plus tôt concernant les salariés de Jonzac ». Alors que le mouvement entre dans sa troisième semaine de mobilisation avec un nouveau préavis de grève déposé par les syndicats à partir du mardi 2 novembre, ces derniers redoutent « un pourrissement de la situation ».

Réputé pour sa production de foie gras, de saumon fumé mais aussi de blinis et de tartinades, Labeyrie Fine Foods est le principal employeur privé des Landes et a vu son chiffre d’affaires 2019/2020 (clos le 30 juin) progresser de 1,6 %, à 1,03 milliard d’euros, précise l’AFP. Il compte 4600 salariés et seize usines dans quatre pays d’Europe. Depuis 2014, la coopérative basque Lur Berri et le fonds d’investissement français PAI Partners sont devenus actionnaires du groupe fondé par Robert Labeyrie.

Les trois entrevues avec la direction n’ont pas réussi à débloquer la situation