La peur d’une hausse de la taxe sur les vins n’a pas duré longtemps mais elle a fait réagir la filière viticole avec une belle unanimité. Le porte-parole du gouvernement Jean-François Copé a apporté un vrai soulagement en annonçant le 10 septembre, lors du compte-rendu du Conseil des ministres, qu’« i ».
«Je confirme qu’il n’y aura pas d’augmentation de taxation sur le vin. Le Premier ministre a pris cette décision », a t-il déclaré. Il confirmait en effet la déclaration de Jean-Pierre Soisson, député de l’Yonne et président UMP du conseil régional de Bourgogne, qui avait indiqué la veille, après s’être entretenu avec le Premier ministre, que le projet de surtaxe sur le vin était abandonné.
La mesure qu’envisageait le gouvernement, selon le BIVB, consistait en « un quadruplement des droits de circulation qui devaient passer de 3,4 euros par hl de vin à près de 14 euros ». La taxe est de fait au même niveau depuis 1982, alors qu’elle est d’environ 12 euros pour les bières classiques, 54 euros pour les vins doux et jusqu’à 1 450 euros pour les alcools forts.
Le rapporteur du budget de la Sécurité sociale 2004, Pierre Morange (UMP, Yvelines), a expliqué le 9 septembre « qu’à partir du moment où il n’est pas évident que cette surtaxe atteigne un objectif sanitaire en faisant reculer la consommation d’alcool, et n’aurait donc qu’un objectif financier, il faut aussi se demander si elle n’aurait pas une incidence négative sur l’activité » du secteur viti-vinicole. Pierre Morange estime aussi qu’il est « légitime » que les élus « expriment les difficultés » des producteurs de leurs régions.
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Le directeur de la Confédération nationale des producteurs de vins d’appellations d’origine contrôlée (CNAOC), Pascal Bobillet, argue que la viticulture représente 200 000 exploitations et 300 000 emplois directs, engendre 17 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel, et a été le troisième poste d’exportation français en 2002. Il indique que la filière est réellement « confrontée à des difficultés importantes », notamment à la concurrence de pays comme l’Australie ou l’Afrique du Sud. Il est donc selon lui naturel que le milieu « fasse son travail de sensibilisation des pouvoirs publics ». Les organisations syndicales représentant les régions viticoles de France ont immédiatement réagi à cette annonce. Mais c’est « la première fois (qu’il) voit les élus se mobiliser autant », indique-t-il.