Légumiers en colère, pluie dans le Sud, prix en baisse dans les céréales et le secteur porcin... Les crises s'enchaînent depuis plusieurs semaines. La Mutualité sociale agricole apporte son soutien en proposant un report des cotisations. À l'occasion de la rentrée, l'organisation sociale revient aussi sur les avancées de la loi d'avenir, les indemnités journalières ou encore les élections des délégués.
« Les fruits et les légumes sont en crise conjoncturelle, les porcs aussi, les prix baissent sur les marchés des céréales, le Sud est sous l'eau… À cause de l'embargo russe, les producteurs se retrouvent avec de la marchandise destinée à l'export … » Gérard Pelhâte, le président de la Mutualité sociale agricole, énumère les nombreuses difficultés auxquelles sont confrontés les agriculteurs, lors de la conférence de presse de rentrée de la MSA le 1er octobre. Pour les aider, la MSA effectuera comme promis (AgraPresse du 29 septembre) un report des cotisations pour l'année prochaine, « voire pour dans deux ans ». « Nous allons en discuter territoire par territoire », commente Gérard Pelhâte qui aimerait aussi que les déductions pour aléas (DPA) soient « mieux et plus souvent » utilisées.
Loi d'avenir
La MSA a dressé le bilan de son année. En premier lieu, la loi d'avenir agricole, adoptée en septembre dernier, a satisfait Michel Brault, le directeur général de la MSA. « Les missions du régime agricole sont confortées », annonce-t-il. En effet, les règles d'assujettissement ont été modifiées, le critère « revenu » étant désormais pris en compte. Cela veut dire que les exploitants agricoles pourront être affiliés aux régimes agricoles quand ils répondent aux critères de nombre d'heures travaillées, de superficie d'exploitation (1/2 SMI) et de revenu. Afin de préparer l'installation en agriculture, une couverture sociale a également été mise en place dans le cadre de la loi. Seul regret pour Michel Brault : que cette couverture soit gérée par le régime d'origine et non la MSA.
Indemnités journalières
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À propos des indemnités journalières (IJ), démarrée au 1er janvier 2014, la MSA a versé 24,6 M€ d'IJ sur 8 mois ce qui est « parfaitement en cohérence » avec les prévisions de 44 M€ sur un an selon le directeur de la MSA. Mais il reste un chantier, cher au président Pelhâte : la mise en place d'un forfait invalidité égal à celui des IJ maladie. En effet, à ce jour, une personne en arrêt maladie touche 850 euros par mois, tandis qu'une personne en invalidité n'a que 380 euros pour une incapacité totale. Un montant bien inférieur qui n'incite pas les cotisants à se mettre en invalidité une fois la maladie stabilisée. Ce sujet sera sûrement le dernier cheval de bataille de Gérard Pelhâte qui ne se représentera pas comme président de la caisse centrale de la MSA en 2015.
POUR faire face au suicide, troisième cause de mortalité chez les agriculteurs, la Mutualité sociale agricole (MSA) met en place un numéro accessible 24h/24 et 7j/7. Au bout du fil, des bénévoles formés aux situations de détresse seront à l'écoute dès le 13 octobre. « Sur la fin 2014, il faudra être vigilant à cause des différentes crises dans les secteurs des fruits et légumes, et du porc », a commenté Gérard Pelhâte, le président de la MSA lors de la conférence de presse de rentrée du 1er octobre. Même si le lien entre suicide et crise n'est pas automatique, la MSA se montre plus présente dans ces moments-là, en envoyant notamment un courrier aux adhérents « pour les inciter à parler ».
À noter aussi que dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), il est prévu que le droit aux IJ soit ouvert aux conjoints et aux aides familiaux lorsqu'ils seront obligés d'interrompre leur activité en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle.
Dernier rappel enfin, les élections de la MSA se dérouleront du 12 au 27 janvier, un nouveau président de la Caisse centrale sera élu le 28 mai. Mais la tâche n'est pas simple pour trouver des candidats aux 25 000 postes de délégués. L'organisation sociale a donc lancé une vaste campagne de communication jusqu'à la clôture des inscriptions le 8 décembre. Et pour la première fois, les cotisants pourront voter par Internet, ce qui permettra sûrement d'atteindre les 40 % de participation.