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Crise La production agricole subit une baisse de l’offre et de la demande

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Les cours mondiaux restent déprimés, selon les conclusions de la session de l’APCA (Assemblée permanente des chambres d’agricultures) du 23 septembre. Pour la plupart des filières, cette conjoncture économique morose s’explique par une diminution de la production conjuguée à une baisse de la consommation et des exportations.

En dépit de la diminution des disponibilités dans les secteurs du lait, de la viticulture, des bovins, des ovins-caprins, des porcins et de la volaille, les cours restent très bas dans un contexte général de réduction de la demande, selon l’APCA. Pour la filière des fruits et légumes, les prix restent bas du fait notamment d’une production importante. Même schéma pour les grandes cultures, seul secteur qui semble néanmoins être quelque peu épargné par la conjoncture en berne.
La crise du lait s’explique en premier lieu par une très forte volatilité du prix payé au producteur, en forte diminution ce premier semestre. En avril 2009, il était en effet à 226,5 euros pour 1000 litres contre 375 euros en janvier 2008. Une situation dramatique pour les éleveurs qui subissent aussi le prix élevé des charges et une diminution des exportations. Dans ce contexte de dégradation des prix payés aux producteurs, ces derniers baissent leur production, d’autant les quotas continuent de progresser de 1% par an jusqu’à leur disparition prévue en 2015.
La viticulture n’est pas non plus épargnée puisqu’elle est confrontée à la baisse de la consommation et à la dégradation du solde du commerce extérieur, toujours positif néanmoins. Et compte tenu des évènements climatiques et de la politique d’arrachage ces 8 dernières campagnes, la production suit la même tendance, entraînant les prix dans cette spirale.
Le cours des gros bovins ne fait pas figure d’exception dans un contexte général difficile pour le secteur, et ce malgré une baisse des disponibilités et une reprise des exportations en vif (+19% au premier semestre 2009). Le prix moyen pondéré vif des gros bovins était à 1,55 euro le kilo au troisième trimestre 2009 contre un peu moins d’1,7 un an auparavant. Autre facteur explicatif : la baisse de la consommation de viande bovine (-0,9%) depuis le début de l’année, selon le SSP. Quant aux productions de vaches et de veaux de boucherie, elles sont aussi en diminution.

Ovins, caprins, porcins, volailles : décor de crise
Qu’en est-il de la production d’autres ruminants comme les ovins et caprins ? Il semble que la situation ne soit pas meilleure. La consommation française de viande ovine décline depuis le début de l’année (-1,6%). Et la baisse amorcée par la production française de viande ovine au premier semestre 2009 se poursuit avec une baisse de 9% par rapport à 2008. Un phénomène qui permet au cours de l’agneau de se maintenir à un bon niveau (5,56 euros le kilo) du 14 au 18 septembre 2009, d’après FranceAgriMer.
Contrairement au prix de l’agneau, le prix du porc ne parvient pas à se maintenir dans un contexte d’offre et demande réduites. La médiatisation autour de la grippe A a-t-elle un rapport ? Pas tellement. Il semble les causes soient plutôt à chercher du côté de la suppression des restitutions aux exportations au second semestre 2008 et du prix de l’aliment relativement élevé (180 euros/t en juin 2009).
Quant au secteur de la volaille, il bat de l’aile lui aussi. Au premier semestre 2009, la production était en repli de 5% par rapport à la même période en 2008 selon Agreste1 Infos rapides Aviculture de septembre 2009. La consommation au premier semestre de cette année est, elle aussi, en baisse, sauf pour le poulet, en hausse de 4%. Une situation qui entraîne une chute des cours de 7% du 14 au 18 septembre 2009 par rapport à la même semaine un an auparavant.
La crise qui touche le secteur des fruits et légumes est essentiellement une crise de la demande. En effet, la filière bénéficie d’une production forte mais d’une baisse de la demande intérieure et extérieure. Mais ce n’est pas la seule cause des difficultés. Il faut également montrer du doigt les problèmes d’assurance à l’export, le manque de poids dans les relations avec la grande distribution, les charges sociales etc.
Quant au secteur des grandes cultures, la production est très importante par rapport aux années antérieures, bien que plus faible qu’en 2008. Des évolutions qui expliquent des cours mondiaux orientés à la baisse. Une réalité qui vaut pour l’ensemble des secteurs agricoles.

(1) Agreste, le service de statistique du Ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pëche a fait paraître le numéro 6 d’Agreste conjoncture du mois de septembre 2009. En Une : « En juillet 2009, la baisse des prix à la production s’étend à quasiment tous les produits agricoles. »

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