Lors de la Rencontre Filière Semences à Paris le 6 février, Thierry Momont, président de la section céréales à paille et protéagineux de la Semae (interprofession des semenciers), a déclaré que les surfaces hexagonales de pois d’hiver « seraient divisées par deux » entre 2023 (récolte 2024) et 2024 (récolte 2025) ». La hausse des surfaces de féveroles ne permettrait pas de compenser les pertes, selon lui. Plus en détail, la sole de pois d’hiver tomberait à 30 000 ha cette année, contre 60 000 ha l’an passé, en raison des intempéries durant l’hiver. Les semenciers tablent sur un chiffre de 100 000 ha à 120 000 ha tous pois confondus (hiver et printemps). Mais ces projections sont susceptibles d’évoluer fortement, en fonction des conditions climatiques du printemps. Selon le ministère de l’Agriculture (Agreste), elles s’élevaient à 163 000 ha l’an dernier.
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En revanche, la féverole, moins sensible aux excès d’eau, verrait sa sole d’hiver « doubler, passant d’environ 30 000 ha à 55 000 ha voire 60 000 ha », se réjouit Thierry Momont. Environ un tiers reste à semer au printemps. Agreste estimait la surface nationale l’an dernier, variétés d’hiver et de printemps confondues, à 78 000 ha. Mais quoi qu’il en soit, cela ne comblera pas les potentielles pertes de 40 000 à 60 000 ha de pois d’un an sur l’autre. Ce recul annuel de surfaces de protéagineux est la continuation d’un mouvement de fond inquiétant. Thierry Momont rappelle que « dans les années quatre-vingt-dix, environ 800 000 ha de pois étaient cultivés ». Un comble, alors que la France avait lancé un plan protéine en 2020, destiné à redynamiser cette espèce. La faiblesse des rendements et des prix sont les principaux responsables de la décroissance du secteur, d’après les intervenants présents à l’évènement. « Il faudrait une tonne par hectare de rendement en plus pour motiver les producteurs », explique par exemple Adrien Dupuy agriculteur et administrateur de la Fop (Fédération française des producteurs d’oléagineux et de protéagineux).