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La société Tridi amorce sa phase de développement

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Exemples de compléments alimentaires fabriqués par Tridi en 3D. Crédits : © Tridi

La société Tridi, qui a développé un procédé de bio-production 3D de grande capacité appliqué à la nutrition santé humaine et animale, lancera son offre commerciale au printemps. 

La société Tridi se présente comme « la première entreprise à industrialiser un procédé de bio-production 3D de grande capacité appliqué à la nutrition santé humaine et animale ». A sa création en 2017, la société a développé une activité autour des goodies personnalisables (goût, texture, forme) écoresponsable, que ses clients utilisaient comme objets de communication. Après le Covid, elle a opéré un virage stratégique et décidé de faire de la prestation de services en utilisant ses compétences de bioproduction 3D de grande capacité, dans la cosmétique et l’agroalimentaire. « Nous apportons une vraie plus-value technologique grâce à nos compétences de bio production en grand volume en 3D, dans la nutrition santé et les compléments alimentaires, autour de plusieurs axes fonctionnels », explique Annabel Theate, fondatrice, CEO et directrice de l’innovation. « Notre procédé de production est économe en eau et en énergie, ne produit pas de déchets et est sans impact sur l’environnement. Notre seule contrainte est de partir de poudres lyophilisées. Et comme notre process se fait à température ambiante, cela nous permet d’utiliser n’importe quel nutriment, actif ou végétal sans qu’il perde ses qualités ». 

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Une fois réduit en poudre, ces ingrédients sont utilisés dans la machine mise au point par la société pour fabriquer des produits en 3D. Une machine permet de produire 10 000 pièces par jour. « Comme toute les matières peuvent être mise en poudre, le champ des possibles est très large. Et nous pouvons formuler des produits naturels et fonctionnels en 3D, de manière concentrée sans ajouter d’excipient ou de texturant, ni d’encapsulage utilisable par tous, de l’enfant jusqu’aux seniors, », détaille Annabel Theate.

Le business model de la société repose sur de la prestation pour des tiers (laboratoire, marque ou entreprise) à partir d’un cahier des charges défini. « Nous nous occupons de la R&D jusqu’à sortir une petite production, avec différents arômes par exemple, pour permettre au client de faire ses tests marché, avant de lancer la production industrielle une fois le bon produit validé », précise la dirigeante. Ensuite, Tridi se charge de la production.   « Nous pouvons concevoir des produits avec plusieurs motivations santé, comme des doses de compléments alimentaires contenant des actifs pour renforcer l’immunité, à base de collagène marin pour avoir une belle peau et enrichies en fibres pour le microbiote. L’avantage de notre solution est qu’elle offre un produit nomade, agréable en bouche, stabilisé et orodispersible. C’est une nouvelle galénique, plus naturelle et à usage simplifié », détaille Annabel Theate.

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Des possibilités en agriculture

Et cette dernière ne manque pas de projets. « Au niveau de la filière agricole, prenons l’exemple d’un producteur d’abricots ou de fraises, dont nous pourrions, grâce à notre technologie, utiliser la pulpe des fruits invendus, qui une fois déshydratée et stabilisée permettrait la production de produits pour le marché de la cosmétique ou des compléments alimentaires. Cela représenterait un revenu supplémentaire décorrélé de la saisonnalité » 

Encore en phase d’amorçage, Tridi prévoit de lancer commercialement son offre lors des salons Vitafoods à Barcelone en mai prochain et Nutriform Business Days en juin à Mandelieu la Napoule « où les visiteurs auront la possibilité de gouter nos produits », explique la fondatrice. La société s’est essentiellement développée grâce à des prêts bancaires, mais aussi au soutien de ses partenaires historiques et de la Région Nlle Aquitaine et Bpifrance, sans compter quelques concours (Agropole, Sial). « Nos sept actionnaires aujourd’hui, investisseurs individuels ou family office, siègent au comité stratégique de la société. Ce sont certes des partenaires financiers, mais ils contribuent aussi de façon active à la stratégie de développement de l’entreprise ». La société a pour objectif d’atteindre la rentabilité en 2027, pour un chiffre d’affaires de 700 000 euros, contre un chiffre d’affaires escompté de 360 000 euros cette année.