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La viande française veut une préférence nationale en restauration collective

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Les interprofessions Interbev et Anvol ont demandé au ministère de l’Agriculture d’assouplir les règles de la commande publique afin de favoriser l’origine France après le confinement. Le but : résorber les stocks de produits carnés grâce à la réouverture prochaine de ce débouché.

Investir le débouché de la restauration collective pour contribuer à résorber les stocks de produits carnés. Tel est le projet des interprofessions bétail et viandes (Interbev) et volailles de chair (Anvol). La première a « interpellé le ministre de l’Agriculture début avril » pour lui demander d'« assouplir le droit de la commande publique vis-à-vis de l’origine des produits dans le contexte de la crise sanitaire », a-t-elle indiqué à Agra Presse le 23 avril. Le but ? Favoriser l’achat de viandes françaises par les collectivités dans deux cas précis : des « contrats effectifs à la sortie du confinement » ou des « achats spécifiques (sautés de veau et d’agneau) tout au long de l’année 2020 », au moment du déstockage.

Les collectivités n’ont pas le droit de privilégier une origine lors d’un appel d’offres, mais « un assouplissement des règles pourrait permettre aux acheteurs publics d’aider, eux aussi, nos filières », précise-t-on à Interbev. Dans un communiqué du 23 avril, l’interprofession des volailles de chair Anvol indique s’associer « pleinement » à cette initiative. Pour elle, ces mesures pourraient passer par « une ordonnance qui s’inscrirait dans le cadre de mesures exceptionnelles permises par l’article 219 » du règlement OCM (organisation commune des marchés).

La restauration collective représente près d’un repas sur deux servi en RHD

L’initiative des interprofessions a reçu le soutien de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs (JA) : dans un communiqué du 29 avril, ils appellent les « responsables de la commande publique » à « orienter massivement les approvisionnements vers des productions françaises ». Rappelant que des « quantités importantes de denrées alimentaires [sont] stockées, notamment des viandes », les syndicats majoritaires estiment que la restauration collective « permettra de contribuer au rééquilibrage des marchés des filières les plus fragilisées ».

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Rappelant l’engagement du président de la République pour la souveraineté alimentaire, la FNSEA et les JA « souhaitent […] que les acteurs de la restauration collective redémarrent l’activité avec une philosophie nouvelle ». L’appel des syndicats vise deux acteurs : les collectivités et l’État. Concernant les premières, les syndicats ont écrit fin avril aux présidents des associations nationales des maires (François Baroin, AMF), des départements (Dominique Bussereau, ADF) et des régions (Renaud Muselier, Régions de France). Quant à l’État, la FNSEA et les JA lui demandent de « prendre ces engagements dans les restaurations collectives dépendantes de sa responsabilité ». Il s’agit notamment des hôpitaux et des prisons, « qui sont restés en activité » durant le confinement.

La restauration collective représente près d’un repas sur deux servis en RHD, « une exception en Europe », d’après une étude de Gira Foodservice pour FranceAgriMer publiée en janvier 2017. En 2014, l’ensemble de la restauration avait acheté 576 000 tonnes de produits carnés pour un chiffre d’affaires de 3,6 Mrd € HT. « La restauration organisée (47 % des repas et des tonnages, mais 39 % des achats en valeur) affiche des prix moyens d’achat beaucoup plus bas que la restauration indépendante en raison d’une massification des achats des Sociétés de Restauration Collective (SRC) », notait le cabinet Gira Foodservice, spécialisé dans la restauration.

FNSEA et JA veulent que la restauration collective redémarre « avec une philosophie nouvelle »