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Vin La viticulture mondiale dans la tourmente

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Si la viticulture française a connu une année 2009 particulièrement difficile en termes de ventes à l’intérieur du pays et plus encore à l’exportation, les autres pays d’Europe et même du Nouveau monde ne sont pas épargnés. En Espagne, le gouvernement vient d’annoncer un plan de sauvetage. En Italie, le prix du raisin chute, de même qu’en Nouvelle-Zélande et en Australie où des producteurs jettent l’éponge.

La situation de la filière viticole s’est dégradée en Espagne depuis 2008, année où la baisse de la consommation intérieure de vin a atteint 10%. A tel point que le 23 septembre 2009, la ministre de l’Agriculture espagnole, Elena Espinosa, a annoncé un plan de sauvetage de la filière assorti de 450 millions d’euros (fonds bruxellois essentiellement), selon une information parue sur le site de Vitisphère. Le budget prévoit la promotion des vins de qualité à l’export (48 M€), la distillation du vin (114 M€) et l’arrachage de la vigne, qui « doit devenir une mesure sociale pour permettre une sortie honorable aux producteurs de vin qui veulent quitter l’activité ». Quelque 57 M€ seront consacrés à la restructuration et à la reconversion du vignoble, et 31 M€ seront affectés à la distillation obligatoire des sous-produits. Est également prévu un soutien direct au revenu des producteurs de raisins à jus.
« Si, à la chute du prix du raisin dans la Rioja, l’Estrémadure et de Valence, nous ajoutons la hausse de la fiscalité, le manque de financement et le manque de promotion, nous allons bientôt assister à l’effondrement de ce secteur », a déclaré le sénateur PPE, Carlos Cuevas. Il a demandé des aides et des réductions d’impôt pour les entreprises du secteur.

L’Italie songe à l’arrachage
En Italie, la filière viticole est confrontée à une baisse du prix du raisin. Emilio Pedron, p. -d. g. de Italian Wines Group, premier producteur italien par sa taille, a déclaré à Agronotizie que « la baisse des prix du raisin reflète les difficultés que rencontrent les opérateurs et leur pessimisme. La chute des prix est au minimum de 10% (…). Par exemple, le prix des raisins de Bardolino diminuera de moins de 10%, celui des raisins de Valpolicella de beaucoup plus ».
Ce que confirment les chiffres disponibles. Sur la campagne 2009/2010, la baisse du prix du raisin devrait être d’au moins 10% pour les cépages (et produits les plus demandés), et plus pour les autres, poursuivant une tendance qui date de 2004. La plupart des régions italiennes sont touchées, y compris celles qui produisent des vins à la mode comme le Vermentino. Dans les Pouilles, le prix du raisin atteindrait même 20 euros du quintal au lieu de 30 l’an dernier. Certaines appellations ont décidé de limiter les rendements ou de faire des réserves. De nombreux professionnels appellent à l’arrachage alors que la surface du vignoble italien est passée de 723 000 à 760 000 entre 2005 et 2007.

Forte chute du prix du raisin en Nouvelle-Zélande et Australie
Les pays dits du Nouveau monde sont également gagnés par la crise. En Nouvelle-Zélande, le prix de la tonne de sauvignon blanc a chuté de 2363 $ (1135 €) en 2008 à 1650 $ (793 €) en 2009. De plus, de nombreux producteurs ont été contraints de réduire leur production en vendangeant en vert à la demande des wineries. La situation est d’autant plus difficile que les coûts de production sont à la hausse notamment du fait de l’envolée du dollar néo-zélandais (+30% en un an) par rapport à la devise américaine.
En Australie, si le volume de production est resté quasiment stable cette année, la valeur de la récolte a chuté de 30%, selon ABC News. Et les wineries prévoient une nouvelle baisse de 30% des prix pour la prochaine récolte, explique Mike Stone, président de l’association des producteurs de Murray Valley. Il estime que le retrait à grande échelle des producteurs de raisins a commencé : « Pour la seule année 2009, nous avons retiré 150 noms à notre base de données de producteurs des régions de Murray Darling et Swan Hill. Ce sont des producteurs qui nous ont informés qu’ils arrêtaient la production de raisins. Cela représente environ 1000 ha de vigne. Le mouvement ne fait que commencer. C’est en 2010 que nous ressentirons les effets réels de ce mouvement de retrait. »

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