La volaille de chair et les œufs sous Label rouge lancent une nouvelle opération visant à maintenir leurs parts sur le marché français, et à séduire de nouveaux clients dans le nord de l’Europe. Une nouvelle dynamique essentielle, après les dégâts causés dans les fermes par l’influenza aviaire.
On ne s’en cache pas au Synalaf : l’objectif de la nouvelle campagne est bien « de conquérir des parts avec le Label rouge, notamment à l’export en Europe du Nord », comme le résume Bernard Tauzia, président du syndicat des volailles sous label. Des webcams dans vingt élevages, des opérations en magasin, et trois ans de campagne de communication : avec son nouveau dispositif de communication financé par l’Europe, le Synalaf vise en particulier des nouveaux marchés aux Pays-Bas, en Suède, ou encore au Danemark. Des pays « très sensibles au bien-être animal », rappelle Marie Guyot, directrice du Synalaf, mais où le plein air reste très peu développé, notamment en volaille de chair.
« Nous avons aussi des marchés matures en Allemagne et en Belgique, que nous devons entretenir », poursuit Marie Guyot. Car avec la crise de l’influenza aviaire, rappelle-t-elle, le nombre total de volailles labellisées est passé de 110 millions en 2020 à 106,2 millions en 2021, selon son syndicat. Un contexte dans lequel « les opérateurs ont privilégié le marché français », et qui a vu les exports baisser de 5 % du volume de volailles de chair en 2019 à 3 % en 2021. L’autre objet de la campagne sera donc de rassurer certains acheteurs temporairement délaissés.
Développer les arguments sur le bien-être animal
La campagne aura un thème par an : environnement en 2024, savoir-faire des éleveurs en 2023, et bien-être animal dès 2022. Car s’il n’avait pas trop osé les mettre en avant jusqu’ici, de peur de froisser les collègues des filières standards, le Label rouge a des arguments à avancer sur ce dernier point. Souches à croissance lente, abattage à 81 jours au minimum, 2 m2 de parcours par volaille de chair et 5 m2 par pondeuse : les similarités avec le bio sont nombreuses. Mais à l’heure où le débat se tend sur la définition de « l’élevage industriel », le Label rouge est le seul à imposer un cheptel maximum par ferme, en pondeuse : deux bâtiments de 6 000 poules par exploitation.
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Le projet de la campagne date de 2021, mais les fonds européens obtenus entre-temps arrivent finalement à temps pour relancer la filière après le choc de l’épizootie. « Nous voulons reconquérir le volume que nous avons perdu, voire le dépasser », prévoit Bernard Tauzia. Et la France aussi sera un relais de croissance, notamment dans la restauration commerciale et dans la restauration collective, prévoit le Synalaf.
La loi Egalim aurait d’ailleurs pu faciliter l’augmentation des commandes de volailles et œuf labellisés de la part des cuisines centrales et des écoles. Mais l’inclusion dans les 50 % de produits durables des fermes possédant la certification environnementale de niveau 2 pourrait en limiter les effets bénéfiques, craint-on au sein du syndicat. Car alors que la charte EVA-Environnement accorde automatiquement cette certification, plus de 70 % de la production de volaille de chair standard bénéficierait désormais du précieux sésame. Si la loi Climat a raccourci le délai d’application, passé de 2030 à 2027, certaines cantines pourront donc encore malgré tout jouer le statu quo pendant cinq années supplémentaires.