La station expérimentale laitière de Trévarez (Saint-Goazec, Finistère) a présenté les résultats de ses efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) : -15 % en cinq ans, et une amélioration des résultats économiques.
Sous contrat avec Idele (l’Institut de l’Élevage), la station expérimentale laitière de Trévarez, propriété de la chambre d’agriculture de Bretagne, est parvenue en cinq ans à réduire de 15 % son empreinte carbone en réduisant ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 0,97 kilo à 0,82 kilo équivalent carbone produits par litre de lait. Ce troupeau de 120 vaches laitières de race Prim’holstein est conduit dans un système classique de plaine (8 000 kg de lait par tête et par an). La station travaille par ailleurs sur un troupeau laitier en bio (55 têtes), à 20 % au-dessous de la moyenne régionale en émissions de GES.
La station expérimentale est un outil indispensable pour inscrire les 48 000 exploitations laitières françaises (8 200 en Bretagne) dans la trajectoire de la décarbonation fixée par la filière. La station de Trévarez a mis en place une stratégie reposant sur trois piliers : une alimentation fourragère optimisée pour avoir moins recours aux correcteurs azotés à base de soja importé ; une reproduction finement gérée pour limiter les animaux improductifs ; la maîtrise de la fertilisation chimique par la généralisation des légumineuses capteurs d’azote atmosphérique dans les prairies.
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Meilleurs résultats
Les résultats économiques se sont logiquement améliorés. La marge brute de l’atelier lait se situe aujourd’hui à 268 euros pour 1 000 litres contre 249 euros en 2017, par exemple. Trévarez estime qu’il est possible d’aller un peu plus loin par la production d’énergie photovoltaïque et de bois plaquette. Sur le terrain, les initiatives se multiplient pour réduire les émissions de GES. En France, un peu plus de 39 % des fermes laitières françaises ont réalisé leur diagnostic carbone (CAP2ER) dans le cadre de la ferme bas-carbone de l’interprofession Cniel. Une proportion qui monte à « 45 % pour les 14 000 exploitations laitières de Bretagne et des Pays de la Loire », précise Olivier Dauguet, président de l’interprofession régionale (Cilouest).
Des coopératives comme Even ou Sodiaal ont intégré dans leur politique RSE (Responsabilité sociétale des entreprises) des indicateurs rémunérés pour inciter leurs producteurs à plus de vertu climatique. Enfin, les collectivités locales ne sont pas en reste. Dans le Finistère, quatre d’entre elles ont monté avec la chambre d’agriculture du Finistère et Idele le projet « Startijin Valait » sur la période 2025-2030. L’objectif consiste à répondre à l’urgence climatique (réduire de 30 % les émissions de GES) tout en confortant l’économie de son exploitation pour favoriser le renouvellement. Ce projet bâti dans le cadre de France 2030 est en attente de financement.