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Lait : malgré les demandes, Bruxelles maintient son cap

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Le Conseil Agriculture de mars a de nouveau permis aux États membres de faire pression sur la Commission européenne pour obtenir l’activation de mesures pour le secteur laitier. Des demandes que Bruxelles refuse, pour l’heure, de concrétiser. Une analyse approfondie du marché est attendue d’ici juillet.

Comme attendu, la situation du marché du lait en Europe a occupé les ministres, le 30 mars, à l’occasion de la réunion du Conseil Agriculture. Alors que les producteurs sont confrontés à une baisse des prix et à une envolée des coûts de production, la Slovaquie et la Belgique ont présenté des demandes visant à mobiliser certains outils de le Pac. Ces États membres souhaitent notamment activer le programme de réduction temporaire et volontaire de la production et mobiliser la réserve agricole afin de soutenir les exploitations les plus vulnérables. La Belgique plaide aussi pour le réexamen des prix d’intervention publique des produits laitiers, dont les seuils fixés en 2003 ne reflètent « plus ni l’inflation ni l’évolution des coûts de production au cours des deux dernières décennies ».

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« Dans un marché laitier mondial et volatil, l’UE ne peut pas se contenter de subir les évolutions du marché », a affirmé la ministre wallonne de l’Agriculture, Anne-Catherine Dalcq. Une dizaine de délégations (Hongrie, Italie, Pologne, Bulgarie, Roumanie, Lituanie, Luxembourg, Espagne, Lettonie et Malte) a pris la parole pour soutenir les demandes belges et slovaques. « À chaque conseil depuis décembre, [la situation du marché laitier de l’UE] est un point qui se retrouve à l’ordre du jour », a précisé le ministre hongrois Istvan Nagy. Seules voix dissonantes lors du débat : la Croatie, qui s’est prononcée contre un programme de réduction de la production car le pays reconstitue sa production, et l’Allemagne dont le marché « se normalise » et qui estime qu’aucune intervention sur le marché ne se justifie.

Comme le lait sur le feu

De son côté, la Commission européenne refuse, pour l’heure, d’activer des mesures de marché. « Je comprends parfaitement la situation des producteurs laitiers, qui reçoivent actuellement un prix pour leur lait inférieur à celui d’il y a quelques mois », a indiqué le commissaire à l’Agriculture, Christophe Hansen. Il précise, néanmoins, que le marché a connu, en 2025, un prix moyen record et que les dernières données statistiques montrent une amélioration progressive des prix. Selon lui, « de sérieux doutes existent quant à la poursuite de la récente hausse de la production ». Toutefois, il promet aux ministres une analyse de la situation et des perspectives pour le secteur en cours de rédaction par les services de la DG Agriculture. « Cela s’inscrit pleinement dans le cadre du bilan de santé que j’ai annoncé lors de notre réunion de janvier », a-t-il affirmé. Un rapport sera disponible d’ici la réunion du Conseil Agriculture de juillet. L’exécutif européen promet de rester vigilant et se tient prêt à agir en cas de besoin.