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L’Anses trouve des alternatives « efficaces » aux néocotinoïdes

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L’Anses a publié son premier avis sur les alternatives aux néonicotinoïdes pour des parasites de la vigne. Le rapport remis au ministre de l’Agriculture le 21 mars révèle qu’il existe des alternatives « efficaces et opérationnelles ». Néanmoins, les risques pour l’environnement et la santé ne sont pas encore évalués. Ce doit être l’objet d’un prochain avis.

L’Anses a publié son premier avis sur les alternatives aux néonicotinoïdes, a-t-on appris, le 22 mars. Il concerne spécifiquement les cicadelles de la vigne (insecte parasite) pour lesquelles « il existe à l’heure actuelle des méthodes de lutte alternatives suffisamment efficaces et opérationnelles pour contribuer à une solution de substitution à l’usage des néonicotinoïdes, en termes d’efficacité, à l’horizon 2018 », concluent les experts qui ont identifié huit familles de méthodes alternatives (autres produits phytos, microorganismes, macroorganismes, médiateurs chimiques, méthodes physiques, méthodes génétiques, méthodes culturales et mathoé par stimulation des défenses des plantes). Pour rappel, la loi de biodiversité interdit les néonicotinoïdes à partir de septembre 2018 avec des dérogations possibles jusqu’au 1er juillet 2020. Pour ces dernières, les travaux de l’Anses doivent permettre au gouvernement d’en « définir les modalités d’octroi ».

Des alternatives à combiner

Dans ce premier avis sur des parasites de la vigne, aucune méthode seule peut remplacer les néonicotinoïdes, mais une combinaison d’alternatives « doit être envisagée ». Les alternatives efficaces identifiées sont aussi bien chimiques (pyréthrinoïdes, organophosphorés ou encore pyréthrines) que physique (arrachage des plants) ou naturelle (eau chaude). Par ailleurs, « l’utilisation de micro-organismes pathogènes pour les organismes nuisibles et la confusion acoustique semblent prometteuses en termes d’efficacité, mais sont encore au stade d’étude ou de prédéveloppement. » Enfin, les autres méthodes sont jugées « d’efficacité insuffisante en l’état actuel de leur développement. » Il s’agit par exemple des méthodes génétiques. Les experts expliquent que « des études sont en cours pour identifier des génotypes résistants aux cicadelles […], mais les résultats sont peu encourageants. » En outre, « la mise en pratique nécessiterait un arrachage des plants existants suivis de leur remplacement. »

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Des avis complémentaires indispensables

Néanmoins, ce premier avis ne donne pas de conclusions sur les risques pour la santé humaine et l’environnement (y compris les pollinisateurs) de ces alternatives. « La production d’indicateurs de ces risques […] sera présentée dans un avis ultérieur », poursuit l’étude. Dans un communiqué du 21 mars, le ministère de l’Agriculture rappelle que l’Anses a été saisie pour « conduire une évaluation comparative sur les risques et les bénéfices, des substances néonicotinoïdes par rapport aux autres produits phytopharmaceutiques et aux méthodes non chimiques de prévention ou de lutte. » Le travail engagé sur les cicadelles de la vigne est une première, mais il doit être complété. En outre, il n’est que le premier d’une longue liste à venir. Le ministère de l’Écologie rappelle que ce premier avis a permis à l’Anses de valider la méthodologie pour identifier des alternatives aux néonicotinoïdes, mais « ce sont plusieurs milliers de situations différentes de cultures et de nuisibles pour lesquelles l’Anses sera amenée à identifier, évaluer et prioriser les substituts. »

A partir de septembre 2018, les cinq substances néonicotinoïdes utilisables dans les phytos seront interdites en France (imidaclopride, thiaclopride, thiaméthoxame, acétamipride, clothianidine)