Abonné

Photovoltaïque sur les sols Laurent Paquin (FNSEA) : « Il faut privilégier les productions agronomiques »

- - 3 min

Sur les sols agricoles il faut plutôt privilégier les productions de type agronomique (alimentation, énergie) que la pose de capteurs photovoltaïques, explique Laurent Paquin, président de la FDSEA de Meurthe-et-Moselle et chargé de cette question à la FNSEA. La production de cette énergie devrait être plutôt réservée aux toits des bâtiments et raisonné dans le cadre global de l’exploitation. Agra Presse poursuit et clôt sa série d’entretiens sur la question du photovoltaïque sur les sols agricoles.

Faut-il laisser libre, encadrer ou interdire, la pose de capteurs photovoltaïques sur les sols agricoles ?
Je suis par nature assez opposé à la mise en place de centrales solaires sur les terrains agricoles. Cela risque de conduire à une artificialisation des sols. Il y a suffisamment d’opportunités pour équiper les toits des bâtiments en phtovoltaïque, dès l’instant qu’ils sont bien orientés. Dans certaines régions, sur des sols difficiles ou s’il n’est pas possible d’y implanter une production agronomique, il peut y avoir des exceptions. Mais le sol est d’abord fait pour produire des aliments ou même de l’énergie par des techniques agronomiques. La France gaspille suffisamment de sols aujourd’hui avec l’urbanisation, il n’est nul besoin d’y rajouter la production d’énergie. Le fait de cumuler les deux sur les mêmes surfaces me paraît plus raisonnable si l’on veut pouvoir nourrir les 9 milliards d’habitants de la planète à l’horizon 2050

Certaines régions subventionnent la pose de capteurs photovoltaîques sur les toits des bâtiments et d’autres non. Faut-il une politique nationale unique dans ce domaine ?
Il y a actuellement une politique nationale qui passe par un tarif de rachat spécifique de la part d’EDF. Il est d’ailleurs question de baisser ce prix, de 60 cts d’euros à 45 cts le kw/h. Si une telle baisse intervient, il est indispensable que l’on ait un soutien adapté durant la période d’amortissement des investissements. Pour le reste, il est évidemment intéressant qu’il y ait une harmonisation des soutiens entre les régions administratives.

Encourageriez-vous les agriculteurs à investir dans ce complément d’activité ?
Les agriculteurs doivent réfléchir à ce type de valorisation de leurs bâtiments dans le cadre de la politique d’exploitation. C’est un complément de revenu qui implique un investissement, un amortissement et une interrogation et qui doit être raisonné. Et puis, il y a des questions à résoudre : quelle sera la production au bout de 10 ans ? Quels seront les prix payés pour le kWh ? Quelle solution de retraitement des panneaux photovoltaïques ? C’est également un nouveau « métier » qu’il faut apprendre et maîtriser. Cet investissement nécessite donc réflexion et information voire formation des agriculteurs afin d’être professionnel et d’éviter tout mauvaise surprise économique.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

photovoltaïque
Suivi
Suivre