Abonné

Risques Le bilan de santé de la Pac modifie l’assurance récolte mais peu les offres commerciales

- - 4 min

Pour 2010, l’assurance récolte va connaître de nouvelles évolutions, caractérisées notamment par une prise en charge plus importante de la prime d’assurance par l’Etat. Les assureurs avaient anticipé ces changements. Ils ne modifieront donc qu’à la marge leurs offres commerciales.

L’année « 2009 nous a fait pester, c’était une année transitoire », a expliqué Gwenaël Simon, responsable métier agricole chez Groupama, à l’occasion d’un voyage de presse organisé le 22 septembre à Pau. Pour une année seulement, le gouvernement a modifié les subventions destinées à compenser une partie du coût de la prime d’assurance récolte. De 35 %, le soutien est passé à 25 % en grandes cultures tandis qu’en arboriculture, maraîchage et viticulture, il montait à 40 %. Dans le même temps, les grandes cultures sortaient du FNGCA (Fonds national de garantie des calamités agricoles). Un vrai casse-tête. Pour 2010, la réforme du bilan de santé de la Pac modifie de nouveau le système… Dans le sens d’une harmonisation. Jusqu’en 2012, a priori, et quelles que soient les productions, l’Etat va prendre en charge 65 % de la prime d’assurance pour une franchise de 25 %. Ce dont se félicitent les assureurs : « Nous avons besoin d’un portefeuille diversifié de clients », observe Gwenaël Simon.

Groupama cesse sa remise commerciale en 2010
Cette nouvelle donne ne va pas bouleverser la stratégie des professionnels. Pour 2010, Groupama prévoit le maintien de son offre commerciale. Leader incontesté de l’assurance récolte, la société détient plus de 67 000 contrats, soit 95 % du marché global, dont 55 000 en grandes cultures. En 5 ans, les 425 experts indépendants avec lesquels le groupe travaille ont effectué en moyenne 20 000 expertises de sinistres annuellement. Groupama a versé 525 millions d’euros d’indemnités à ses clients, soit un ratio sinistres sur cotisations de 80 %. Le groupe propose une offre de base avec une franchise de 25 % et des possibilités de descendre ce seuil à 20 % ou 15 %, moyennant finances. Il offre également des garanties particulières pour la grêle et la tempête, ou certains risques régionaux comme le vent de sable dans le Sud-Ouest : la franchise peut alors être établie à la parcelle, et des rachats de 5 à 20 % sont possibles. La clé du succès : « Nous avons fait une remise commerciale qui au final permettait à l’agriculteur d’accéder à l’assurance multirisque climatique sans coût supplémentaire par rapport au contrat grêle », explique Gwenaël Simon. C’est là que va résider le principal changement pour 2010 : Groupama stoppe cette remise. « Nous ne sommes plus dans la situation où nous devons montrer que l’assurance récolte fonctionne », justifie le spécialiste. Mais, compte tenu de la hausse de la subvention gouvernementale, le montant net payé par l’agriculteur devrait se révéler légèrement inférieur à 2009.

Pacifica a préparé une offre « essentielle » dès 2009
Groupama n’est pas le seul à vendre des assurances récolte. Filiale du Crédit agricole, Pacifica s’est également positionnée sur ce créneau. « Nous avons démarré les premiers, le 17 février 2005 », observe d’ailleurs Jean-Michel Geeraert, directeur du marché professionnel du groupe. Pacifica ne détient toutefois que 5 200 contrats, une faible progression par rapport aux 3 600 vendus en 2005. Comme Groupama, Pacifica ne va guère modifier son dispositif en 2010. Car, « en prévision des changements à venir, nous avons proposé dès janvier 2009 une nouvelle offre dite “essentielle”, qui ne garantit que la perte de rendement », explique Michel Geeraert. Plus chère, l’offre « complète » mise en avant depuis 2005 couvre notamment les interdictions préfectorales d’arrosage. Les agriculteurs continuent néanmoins de la préférer à la formule « essentielle », qui n’a séduit qu’une centaine d’exploitants en 2009. Les tarifs devraient pour leur part subir une nouvelle majoration en 2010, légère. Car le groupe n’atteint pas l’équilibre sur ce produit, du fait du nombre de sinistres indemnisés et des garanties offertes. « Le ratio sinistre sur cotisations est de 160 % sur les dernières années, soit à peu près le double de la moyenne du marché », explique Jean-Michel Geeraert. Quoi qu’il en soit, grâce à la hausse des soutiens, l’agriculteur devrait, en net, payer moins cher que l’an passé.
D’ici 2012-2013, le groupe souhaite parvenir à 30 % de parts de marché. Groupama compte de son côté continuer à augmenter de 15 à 17 % le nombre de contrats signés par an. Rien n’est impossible… Surtout si un dispositif de réassurance publique est mis en place pour pallier aux carences du secteur privé. Car, « assurer le plus grand nombre d’agriculteurs ne se fera que si on solutionne la question de la réassurance », estime Stéphane Gin, directeur de la direction risques professionnels agricoles de Groupama.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

assurance récolte
Suivi
Suivre