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Agriculture biologique Le bio «sauve» un village du Var

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Michaël Latz, vigneron et maire de Correns, petit village du Var (661 habitants) a incité ses concitoyens à se convertir à l’agriculture biologique, profitant dès 1997 du plan lancé par Louis Le Pensec, pour maintenir l’activité économique du village et notamment pérenniser la production viticole. Le pari est aujourd’hui réussi, estime la municipalité. 

La cave coopérative du village (la vigne est la principale ressource économique du pays), qui comptait 80 adhérents, souffrait de plusieurs handicaps : des parcelles peu rentables car morcellées et de petite taille (10 ha par exploitation en moyenne) et une production atypique (60% en vin blanc Côte de Provence) qui se vendait mal. Conséquence : la situation économique de la cave n’était pas bonne. Les jeunes en passe de reprendre les exploitations familiales étaient peu motivés. L’agriculture biologique, bien adaptée aux petites parcelles, est apparue comme « la solution », explique la municipalité.

Fin 1997, profitant du plan Le Pensec, la quasi-totalité des viticulteurs (en cave coopérative et en caves particulières) se sont convertis ainsi qu’un maraîcher. Aujourd’hui, les surfaces (200 ha de vigne) sont certifées AB à 95%.

En mars 2000, les viticulteurs (20 domaines représentant 7 AOC et produisant des vins de pays du Var) ont créé une association «les maîtres vignerons bio de Correns» qui organise deux grands rendez-vous annuels : le salon Biovin de Provence (réservé aux professionnels) fin janvier et la Fête du bio et du naturel (pour le grand public) en août.

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La cave est sauvée et a même fusionné

L’apiculteur du village a terminé ses démarches pour obtenir également le logo AB, une agricultrice s’est lancée dans la production de poules et d’œufs bio, et une autre transforme ses légumes bio. Le boulanger fait également du pain bio. La cantine scolaire s’y est mise avec deux repas bio par semaine.

En 2004, la culture de plantes aromatiques et médicinales bio va débuter. Poussant plus loin sa démarche, la mairie est en cours de réhabilitation aux normes Haute qualité environnementale : elle étudie la possibilité de chauffage au bois énergie (valorisation de déchets de bois) et de refroidissement en été avec l’eau de la rivière.

« Fin 2003, après 6 ans de pratique, on peut dire que ce pari sur l’avenir est réussi, écrit la mairie dans un communiqué : les jeunes sont restés au village, il y a eu beaucoup de naissances, un aubergiste de renom (Bruno de Lorgues) s’est installé, les commerces (...) fonctionnent bien, des gîtes ruraux et meublés touristiques ont été créés par des Corrensois. La cave coopérative est sauvée, elle a même fusionné avec la cave coopérative de Val (à 9 kms) qui connaissait des difficultés. Cette cave produisant une majorité de vins issus de raisons bio en AOC Coteaux Varois ». Correns, qui se nomme le premier village bio de France, va ouvrir son 3 e salon Biovin dans quelques jours.