La crise sanitaire ayant entraîné un effondrement des expéditions de champagne, l’interprofession du vignoble veut éviter celui des prix. Réuni le 28 mai, le Comité champagne (interprofession) a pris des orientations pour gérer son marché et formulé quelques demandes aux pouvoirs publics, insistant sur des appuis à l’encadrement des marchés davantage que sur des mesures financières.
Parmi les orientations prises par le Comité champagne pour gérer son marché de façon à éviter l’effondrement des prix, une première concerne le tirage en bouteilles du vin de la prochaine vendange. Ce dernier se fera à deux moments différents : une partie à compter du 1er janvier 2021, une autre partie à compter du 1er janvier 2022. Habituellement, la vendange de l’année N est « tirable » à compter du 1er janvier de l’année N+1, et au cours de cette année-là.
D'autre part, le Comité champagne a pris des mesures pour éviter les « opérations promotionnelles agressives sur le champagne », en reconduisant jusqu’au 28 juin la suspension du marché des vins en cours d’élaboration.
Par ailleurs, l’interprofession sollicite « un soutien actif du gouvernement » pour obtenir de la Commission européenne l’activation de mesures exceptionnelles d’encadrement des marchés, par des mesures de stockage et d’entreposage qui évitent de recourir à la distillation de crise. Le stockage ne nuit pas à la qualité du champagne, au contraire. « Le champagne est en général stocké trois ans et demi à quatre ans », explique-t-on au Comité champagne. L’interprofession souhaite enfin le soutien du gouvernement pour que la Commission encadre les promotions commerciales pour éviter la chute des prix, comme le prévoit en temps de crise le règlement européen OCM (n°1308 /2013).
La convivialité du déconfinement profite au champagne
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L’interprofession veut au maximum lisser dans le temps la commercialisation, misant sur un retour des ventes. L’étude du cabinet Nielsen publiée le 3 juin montre qu’en effet le déconfinement a donné lieu à un très net rattrapage des achats de boissons à bulles, et notamment de champagne : + 30 % de bouteilles de bière le samedi 9 mai par rapport à la moyenne des samedis du confinement, + 32 % pour les autres vins pétillants que le champagne et + 74 % pour ce dernier.
Mais ce sursaut vers le champagne n’est qu’un rattrapage, poursuit Nielsen : « Contrairement à d’autres pays où le passage des foyers en confinement et la fermeture des bars, pubs et restaurants a entraîné de fortes hausses des ventes d’alcools, ces dernières sont restées en France plutôt moroses avec un repli de 4 % dans l’ensemble ».
Des mesures de stockage et d’entreposage qui évitent de recourir à la distillation