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Réforme Le changement climatique : une opportunité pour la nouvelle Pac

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Les jeunes agriculteurs européens (Ceja) réunis pour leur congrès à Séville en Espagne du 4 au 6 février ont réalisé que les actuelles aides économiques de la Pac (DPU) allaient se verdir après 2013. C’est du moins le sentiment de la délégation française. Bruno Ledru, vice-président des JA français, en est convaincu : les DPU verts sont ce que prépare la Commission européenne. Et sur ce point le Parlement européen semble en phase avec la Commission.

Considérer l’enjeu du réchauffement climatique comme une « opportunité » pour le monde agricole plutôt que comme une contrainte supplémentaire. C’est le message qu’a fait passer le directeur de cabinet du nouveau commissaire à l’Agriculture, Georg Haüsler, lors du congrès des jeunes agriculteurs européens qui s’est tenu à Séville du 4 au 6 février. Il faut voir dans l’enjeu du réchauffement climatique « une opportunité pas seulement pour l’aspect financier qu’elle peut apporter mais pour l’adaptation du monde agricole ». Il parle volontiers de « biens publics », que l’on peut traduire en externalités positives de la Pac par rapport à la société. « C’est une dimension importante », assure-t-il. Paolo de Castro, le président de la Commission agricole du Parlement européen, est sur la même longueur d’onde. « Il faut identifier clairement les priorités basiques de cette Pac au sujet de l’environnement, de la qualité, de la biodiversité, de la séquestration de carbone… Plus globalement, il faut expliquer que la Pac est une politique pour le citoyen qui assure aussi la vitalité des zones rurales ». Bref, il faut vendre la Pac en mettant en avant les services qu’elle rend à la société.

Inquiétude des agriculteurs
Parmi les participants, certaines voix se sont levées pour que les mesures contraignantes de type environnementales soient stoppées. « Vous devez nous aider, monsieur Haüsler, pour que notre job devienne normal. On est presque dans l’incapacité d’être compétitif ». Un sentiment largement partagé par les participants au congrès. Le président du Copa, Padraig Walshe, ajoute que « cette politique agricole durable et de qualité engendre des coûts plus élevés et désavantage donc la compétitivité de l’agriculture européenne ». Une position qui relativise le discours optimiste du directeur de cabinet ou du président de la commission agricole du Parlement sur la Pac de l’après 2013. Pour Georg Haüsler, « une baisse de 30 % du revenu agricole due à la volatilité des prix doit être politiquement compensée ». Tout en précisant que « les outils de régulation de la Pac ne vont pas disparaître mais ne seront plus la base de notre politique ».

Soutiens au revenu
Dans ce contexte, que va-t-il advenir des DPU (droits à paiement unique), qui sont les aides économiques du premier pilier ? « Ils prennent une couleur verte », répond la délégation française (JA) présente au congrès. Leur couleur « écolo » leur assurerait donc une pérennité à certaines conditions. « La référence historique comme base de calcul, n’est plus possible à justifier », a prévenu Georg Haüsler. Mais il considère la première justification du DPU dans son rôle de support au revenu. Il s’oppose à une renationalisation de la Pac et promet que cette réforme de la Pac ne sera « pas une révolution mais se fera dans la continuité des précédentes ». De quoi rassurer des jeunes agriculteurs face à un avenir encore incertain.

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