Lors de son point presse de rentrée, le Copa-Cogeca a une nouvelle fois insisté, dans un contexte de crise (guerre en Ukraine et changement climatique) sur l’importance de préserver le niveau de production de l’agriculture de l’UE en vue d’assurer la sécurité alimentaire. Sur plusieurs dossiers (utilisation durable des pesticides, émissions industrielles), l’organisation appelle Bruxelles à revoir sa copie.
En raison de la hausse des intrants agricoles (engrais) liée à celle de l’énergie dans le contexte de la guerre en Ukraine, et de la crise climatique, le Copa-Cogeca a souligné, le 12 septembre à l’occasion de sa conférence de presse de la rentrée, l’importance de protéger « la capacité productive de l’agriculture européenne pour assurer la sécurité alimentaire ». Pour répondre à cet enjeu crucial, « la première étape est de mettre en place une stratégie politique qui viserait à traiter sérieusement le problème lié à la contraction des marges, au manque de flux de trésorerie qui entraîne une augmentation des taux d’intérêt des contrats d’assurance, ce qui in fine menace surtout la viabilité des exploitations familiales », demande Ramon Armengol, président du Cogeca (coopératives agricoles de l’UE). Et Christiane Lambert, la présidente du Copa (organisations professionnelles agricoles) insiste pour que « chaque décision européenne soit accompagnée d’une évaluation technique, sociale, économique et environnementale pour mesurer précisément les conséquences pour l’agriculture européenne à l’aune de la sécurité alimentaire ».
Pesticides, émissions industrielles et biocarburants
Concernant le projet de règlement sur l’utilisation durable des pesticides que la Commission européenne est en train de finaliser, la dirigeante syndicale appelle Bruxelles à présenter au plus vite une étude d’impact afin que les décisions prises, telles que l’interdiction de l’usage des pesticides dans les zones sensibles, soient édictées « à partir de données scientifiques ». Avant d’ajouter que « la baisse de 50 % de l’utilisation des produits phytosanitaires au niveau de l’UE d’ici 2030 n’est autre qu’un chiffre politique et rien de plus ». Christiane Lambert a également dénoncé vivement la proposition de la Commission européenne de révision de la directive européenne relative aux émissions industrielles. Ce texte prévoit un élargissement du champ d’application de la directive qui impose des valeurs limites d’émission pour le méthane et l’ammoniac à toutes les exploitations bovines, porcines et avicoles comptant plus de 150 unités de gros bétail (UGB). « Il s’agirait de diviser par 13 le nombre d’animaux qui étaient autrefois concernés, ce qui entraînera automatiquement des coûts supplémentaires », s’inquiète Christiane Lambert qui dénonce « des règles rigides et brutales, déconnectées de la réalité ».
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Enfin la présidente du Copa a indiqué que « la production de biocarburant à base d’huiles végétales ou de céréales qui ne représente que 3 % du total des terres cultivées dans l’UE n’est en aucune façon une menace pour la sécurité alimentaire mondiale ».