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Le futur site de transformation de Planète Chanvre se finance sur Lita

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Le nouvel équipement de Planète Chanvre sera installé sur le site d'Aulnoy. Crédits : © Planète Chanvre

Née d’un groupe d’agriculteurs de Seine-et-Marne, Planète Chanvre mène une levée de fonds participative de 1 M€ pour financer une partie de son site de transformation. La demande, surtout pour les industries de l’automobile et du bâtiment, est soutenue.

Le chanvre connaît un regain d’intérêt de la part des industries, notamment comme isolant, mais aussi des particuliers investisseurs. Sur Lita, Planète Chanvre mène une levée de fonds avec un certain succès puisque celle-ci approche des 800 K€. « Nous nous sommes fixés pour objectif de collecter 1 M€ à l’occasion de cette levée de fonds participative sur Lita, sous forme d’obligations convertibles en actions à l’issue d’une période de maturité de 7 ans », détaille Franck Barbier, fondateur et président de Planète Chanvre. Le plan d’affaires prévoit, au bout des 7 ans et en fonction des résultats, un rachat des obligations par Planète Chanvre ou leur transformation en actions.

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Ce financement participatif est motivé par un projet de grande ampleur pour la société qui compte à son capital 35 agriculteurs, détenant la majorité, aux côtés d’industriels intéressés par la transformation du chanvre, du Crédit Agricole et de la Banque des Territoires. « Planète Chanvre va se doter d’un nouvel outil transformation pour un montant de 16 M€, comprenant la construction du bâtiment sur une parcelle attenante à notre site actuel d’Aulnoy, en Seine-et-Marne, les équipements et le BFR », précise Franck Barbier. 

Outre la levée de fonds participative à hauteur de 1 M€ sur Lita, Planète Chanvre a levé 15 M€ auprès de plusieurs acteurs : la Banque de Territoires qui finance le projet en capital et en obligations convertibles, tandis que la Société québécoise de développement des plantes industrielles (SQDPI) investit en capital. Des subventions de Bpifrance, de l’Agence de l’eau Seine Normandie et de la Région Ile-de-France, et des prêts bancaires financent aussi le projet.

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Le nouvel outil industriel représente un changement d’échelle pour Planète Chanvre qui va pouvoir traiter 16 000 tonnes de paille par an, soit 3 fois plus que la capacité de l’outil actuel qui fonctionne déjà à plein régime. « L'installation de la nouvelle capacité va permettre d’accompagner l’augmentation des surfaces cultivées en chanvre puisque nous pourrons traiter chaque année la production de 2400 hectares », précise Franck Barbier. Planète Chanvre est confrontée à une demande très soutenue à laquelle il ne peut répondre à 100%, ce qui motive la création de de ce nouveau site. 

Le béton de chanvre pour le BTP

Les débouchés du chanvre sont déjà bien identifiés par la société. La graine est destinée à l’alimentation animale (poissons et oiseaux) et humaine. La paille après défibrage permet d’obtenir le chènevotte (intérieure de la tige) destinée à la litière pour les chevaux, au paillage agricole et au béton de chanvre, tandis que la fibre (extérieur de la tige) est utilisée pour le textile, l’automobile et l’isolation des bâtiments. « Le béton de chanvre, qui représente seulement 10% de nos débouchés, a un grand potentiel de développement », souligne Franck Barbier. Planète Chanvre participe à l’essor de ce marché en tant que cocréateur de la société Wall’up, installée au contact de l’usine de transformation et qui fabrique des panneaux préfabriqués en béton de chanvre.

Une fois ce nouvel outil de transformation opérationnel, ce qui est prévu en mars 2026, Planète Chanvre estime se placer comme 3e transformateur du chanvre en France après la Chanvrière (la moitié du chanvre transformé à la cadence de 14 tonnes/heure) et la Cavac Biomatériaux (Biofib Isolation) qui peut traiter 4 tonnes/heure, une cadence identique au futur outil de Planète Chanvre.