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Aide à l’engraissement bovin Le lien avec la contractualisation est en discussion

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Dans le cadre des ajustements annuels prévus par le règlement de la Politique agricole commune (article 68), une aide de 8 millions d'euros a été attribuée au secteur de l'engraissement, le 1er août, à partir de 2012. Pour cette aide, la Fédération nationale bovine (FNB) revendique un lien avec la contractualisation, à l'inverse des syndicats minoritaires. Mais pour l'heure rien n'est encore décidé.

Le 1er août, le gouvernement français devait notifier à la Commission européenne un éventuel réajustement des aides de la Politique agricole commune (Pac) pour 2012, comme l'article 68 du règlement de la Pac le lui permet. Elle a ainsi souhaité accorder une aide de 8 millions d'euros au secteur des jeunes bovins (engraissement), de 7 millions d'euros au secteur des fourrages déshydratés et de 10 millions d'euros au secteur du tabac au détriment des secteurs du lin, du chanvre et de la fécule de pomme de terre. Immédiatement, la Fédération nationale bovine (FNB) a réagi dans un communiqué du 8 août. Ainsi, elle revendique « des critères d'application » à cette aide. Elle a donc demandé au cabinet du ministre de l'Agriculture que « cette mesure soit liée à une contractualisation avec un abatteur, ou, plus, avec un distributeur, et pour un contrat d'au moins 5 ans, de façon à impliquer un réel engagement de l'ensemble des acteurs de la filière ». Pour elle, « une aide à l'engraissement ne saurait être un simple soutien à l'animal qui aurait pour conséquence d'entretenir des prix bas, voire de les faire baisser d'autant ». Coop de France Bétail et Viande, dans un communiqué du 3 août, estime que cette aide est « une première réponse des pouvoirs publics » au « projet pour la professionnalisation de l'engraissement bovin en France ».

Pas de conditions d'attribution encore définies
De leur côté, les syndicats minoritaires comme la Confédération paysanne (CP), dans un communiqué du même jour, considèrent à l'inverse que « la professionnalisation de l'engraissement ne peut pas passer par des mesures discriminatoires ». Elle « ne comprend pas pourquoi une aide instituée dans le cadre de l'article 68 pourrait être réservée aux seuls ateliers d'engraissement d'une capacité supérieure à 50 places ». La CP qualifie cette aide « de discrimination injuste socialement et économiquement inefficace ». Une opinion partagée par la Coordination rurale (CR), dans un communiqué du 24 août. Cette dernière « appelle le ministère à ne pas subordonner le versement de cette aide, comme certains groupes de pression le demandent, à une forme de contractualisation quelconque avec l'aval ». Dans la réalité, aucune décision n'a été prise quant aux mesures d'attribution de cette aide à l'engraissement. Des consultations entre le gouvernement et les syndicats doivent avoir lieu dans ce sens en septembre. Du fait d'une diminution du marché des broutards vers l'Italie, développer l'engraissement en France est un enjeu important pour le secteur bovin.

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