Abonné

Réforme de la Pac Le lin et le chanvre doivent travailler pour profiter du verdissement de la Pac

- - 3 min

Les filières de production de lin et de chanvre espèrent profiter du verdissement des soutiens de la Pac en se faisant reconnaître comme cultures à faible impact sur les milieux. Mais une chose est sûre: les parcelles de ces deux cultures ne seront pas prises en compte directement dans les 7% de surfaces d’intérêt écologique. Cela reviendrait à un recouplage des aides, estime la Commission européenne.

Les filières lin et chanvre réunies au niveau européen au sein du CELC (Comité européen du lin et du chanvre), qui tenait son assemblée générale les 18 et 19 octobre à Bruxelles, comptent sur la réforme de la Pac pour préserver leur production, voire lui permettre de se développer. Comme beaucoup de cultures dites économes en intrants (le lin et le chanvre mais également la luzerne par exemple), les professionnels voient une opportunité dans le verdissement du premier pilier de la Pac qui, selon la proposition de la Commission européenne, atteindrait 30% des paiements directs. Ils voudraient que les surfaces de ce type de cultures puissent être comptabilisées dans les 7% de surfaces d’intérêt écologique (un des trois critères de verdissement). « Ce n’est pas possible », a prévenu Yves Madre, conseiller du commissaire européen à l’agriculture, Dacian Ciolos. « Si nous l’acceptions, cela reviendrait à coupler 30% des soutiens directs de la Pac à ces productions. Vis-à-vis de nos engagements auprès l’Organisation mondiale du commerce, ce sera immédiatement attaqué », a-t-il précisé.
 
Equivalence
Ce qui ne veut pas dire que le lin et le chanvre ne pourront pas bénéficier du verdissement. Le commissaire européen a mis sur la table des négociations la notion d’équivalence, qui permettrait à une démarche nationale certifiée de faire la démonstration de son équivalence en termes d’impact sur l’eau, le sol ou encore la biodiversité avec les mesures proposées par Bruxelles. Yves Madre a invité la filière à « travailler dans cette voie ».
Autre demande de la filière : bénéficier d’aides couplées comme le prévoit la proposition de réforme de la Pac pour les secteurs jugés particulièrement importants d’un point de vue social ou environnemental. Cette décision revient aux État membres qui activeront ou non la mesure. Mais « l’enveloppe pour les aides directes n’est pas extensible du fait de nos engagements à l’OMC (boîte verte) », prévient Yves Madre.
Enfin, sur le volet organisation des marchés, la filière espère également des avancées : « Nous serions très intéressés par des instruments qui nous permettent de mieux maîtriser l’offre par rapport à la demande » afin de limiter la volatilité des cours, explique Frédéric Douchy, président du CELC. « Mais les interprofessions n’obtiendront jamais l’autorisation de gérer des volumes ou des prix, assure Yves Madre, ce serait dépasser le droit de la concurrence ». Le fonds mutuel (abondé par les professionnels et cofinancé par l’UE) proposé dans le réforme aux organisations de producteurs a été conçu pour stabiliser les revenus des producteurs mais pas les prix du marché.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Commission européenne
Suivi
Suivre