La commission des Finances du Sénat a rendu public un rapport sur les soutiens à la filière forêt-bois en France, le 8 avril. Le déficit commercial se confirme. Les parlementaires s'en inquiètent.
« Le manque de concertation interministérielle est le cancer de la forêt. Il faut une concertation entre les ministres qui ont des décisions parfois contradictoires. Les ministres ne s'en cachent pas », a déclaré Yannick Botrel, sénateur PS des Côtes-d'Armor, lors de la présentation du rapport d'information sur les soutiens à la filière forêt-bois à Paris, le 8 avril. Cinq ministères (Agriculture, Industrie, Économie, Écologie et Logement) s'occupent de ce secteur qui pèse 10% du déficit commercial français par an, soit six milliards d'euros par an. Les sénateurs en charge de la mission d'information rappellent que, chaque année, la filière bénéficie de 910 millions d'euros de soutien. Face aux résultats négatifs, la commission des finances de la Haute assemblée préconise la création d'un lieu de concertation interministérielle, mais aussi d'une interprofession unique. « A minima, une fusion de celles existantes », commente le sénateur.
Le bois-énergie est « trop » aidé
Par ailleurs, les sénateurs ne cachent pas leurs reproches au soutien au bois-énergie, chère à Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie. « Il ne faut plus faire du bois-énergie une priorité », ont martelé les deux rapporteurs, Yannick Botrel et Alain Houpert (PS). Selon leur rapport, le secteur du bois-énergie concentre à lui seul environ 36% des soutiens de l'Etat. Selon eux, cette énergie est source de tensions dans certains territoires. « Il faut limiter les conflits d'usage », appuie Yannick Botrel. Ce désamour pour le bois énergie ne semble pas être ressenti par la Fédération nationale du bois (exploitants forestiers, scieurs, industriels du bois). « Le rôle du bois-énergie est essentiel pour donner à la France les moyens de répondre à la stratégie européenne en matière énergétique à l'horizon 2020 », peut-on lire dans un document élaboré par la FNB et ses partenaires en août 2013. D'autant, que la France s'est fixé pour objectif d'atteindre 23% d'énergies renouvelables en 2020 et 32% d'énergies renouvelables en 2030.
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La récolte est insuffisante
Une autre recommandation du Sénat est le renouvellement de la forêt française composée à 60% de feuillus et 40% de résineux. « Les résineux représentent les deux tiers du bois commercialisé », remarque-t-il. Par conséquent, ils proposent de « rapprocher l'offre de bois de la forêt publique et des forestiers privés de la demande des marchés ». Autrement dit : produire du résineux, si le marché demande du résineux, notamment pour le secteur de la construction. Certains spécialistes présents à la conférence restent réservés: « On ne peut pas planter des arbres en ne suivant que le marché. Les arbres plantés aujourd'hui seront récoltés dans quarante ans, ça n'a pas de sens ».
C 'est Olivier Soulères qui va assurer la fonction de directeur général par intérim de l'Office national des Forêts, en attendant la venue du remplaçant définitif du successeur de Pascal Viné. Celui-ci vient en effet d'intégrer Coop de France comme délégué général. Olivier Soulères connaît bien l'Office des forêts puisqu'il était dernièrement chef de l'inspection générale de l'ONF après y avoir effectué toute sa carrière. Sa nomination a été publiée au journal officiel du 3 avril.