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Elections aux chambres Le Modef combat l’endettement des éleveurs

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Les élections aux chambres de 2013 sont pour le Modef une opportunité de remettre en avant ses positions sur le revenu agricole. Afin de lutter contre l’endettement des éleveurs, il propose de revenir à des systèmes d’exploitation plus petits, d’encourager les circuits court de distribution, et d’interdire la spéculation sur les produits agroalimentaires.

«Les éleveurs sont enfermés dans la camisole de l’endettement et de la charge de travail », regrette Jean Mouzat, président du Modef. Sous condition d’emporter suffisamment de sièges lors des élections aux chambres de 2013, le syndicat s’est donc donné pour objectif d’alléger le poids de ces dettes en transformant l’organisation des filières de production et en améliorant les revenus agricoles. Pour le Modef, la réduction de l’endettement ne pourra en effet que passer par une redéfinition du paysage agricole français. Selon Jean Mouzat, seul un retour à des « exploitations à taille humaine » permettrait de mieux valoriser le travail des producteurs. Le syndicat milite également pour l’instauration d’incitations fiscales qui encouragent la mise en place de circuits courts de distribution. Dans un communiqué du mois de juillet, le Modef proposait, par exemple, de taxer les transports de fruits et légumes au-delà de 1 000 km.
 
Une Europe forte pour soutenir l’élevage
Selon le Modef, les agriculteurs français ont aussi besoin d’une « Europe forte » pour « s’en sortir ». L’Europe forte défendue par le syndicat est avant tout une Europe qui propose un « budget de la Pac conséquent », et, plus précisément, des aides « complètement réorientées pour augmenter les enveloppes dans des secteurs économiques comme l’élevage ». La défense des revenus des agriculteurs passe aussi par des coûts de production plus stables. Le moyen avancé par le Modef pour y parvenir est simple : « interdire à tous ceux qui ne sont pas de l’agroalimentaire de spéculer sur les produits alimentaires ». Les produits agricoles devraient en outre être exclus « des règles européennes et mondiales de la concurrence libre et non faussée », proposait un communiqué du mois d’août. Le syndicat demande également que soient mis en place des stocks de sécurité équivalents à au moins 6 mois de consommation. La retraite agricole est elle aussi un levier pour améliorer la situation financière des agriculteurs, croit le Modef. Il se bat d’ailleurs activement pour maintenir l’âge légal à 60 ans et des pensions supérieures à 1 000€/mois.
 
Plus de conseillers agricoles
Le Modef estime par ailleurs que les chambres d’agriculture « ne jouent plus leur rôle ». Seule solution pour leur redonner les moyens d’assumer leur mission : « Remettre des conseillers agricoles dans les chambres », assure Jean Mouzat. Pour défendre ses idées, le Modef compte profiter de la réforme du mode de scrutin des élections aux chambres. Désormais, le seuil pour être considéré comme représentatif au niveau départemental n’est plus de 15% mais de 10%. Le syndicat espère ainsi siéger, même minoritairement, dans environ 35 départements. En ce qui concerne le reste de la France, le Modef est plus enclin à faire des listes communes avec les autres syndicats, car il a réussi à « faire entendre raison aux représentants locaux », confie Jean Mouzat.

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