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Le nouveau protocole salmonelle pousse à la vaccination

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Le ministère veut mieux protéger de la salmonellose les consommateurs d’œufs en incitant à la vaccination des poules contre la salmonelle. À cette fin il restreint le dépistage dans les fientes pour les élevages de poules vaccinées.

Dans un communiqué du 19 février, le ministère de l’Agriculture annonce un nouveau protocole de dépistage des salmonelles dans les élevages de poules pondeuses visant à inciter les éleveurs à vacciner et, « in fine », mieux protéger les consommateurs d’œufs. Comme l’ont demandé les professionnels de l’œuf, il s’agit d’exempter les éleveurs de poules vaccinées de prélèvement de poussières. Ainsi, chez ces producteurs, « les dépistages de contrôle reposeront désormais uniquement sur des prélèvements de fientes », spécifie le communiqué. Cet allègement est motivant, selon l’interprofession de l’œuf, car une salmonelle peut être détectée dans l’environnement de l’élevage alors que les poules sont indemnes. Et dans ce cas les œufs sont réorientés vers la transformation, qui paye moins. À noter que la salmonelle ne rend pas les poules malades.

Le vaccin vivant, introduit dans l’eau de boisson des poules, est largement utilisé dans l’Union européenne. Il « permet de limiter la présence de salmonelles dans les élevages, de limiter l’excrétion bactérienne de salmonelles dans l’environnement, et donc de réduire le risque de contamination des œufs », affirme le ministère dans le communiqué. Le ministère précise que ce nouveau protocole s’appuie sur l’expertise de l’Anses et l’étroite concertation avec la filière. Elles ont été publiées au JO du 21 février par arrêté ministériel.

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La moitié des poules déjà vaccinées

Du fait de cette mesure, le laboratoire Ceva s’attend à ce que la totalité des élevages produisant des œufs de consommation (œufs coquilles) soient rapidement vaccinés contre la salmonelle, apprend-on auprès de Paul Créach, responsable de l’accès au marché. Il estime que la moitié des poules destinées à la production d’œufs coquilles sont déjà vaccinées depuis l’autorisation en France, il y a trois ans, des vaccins vivants s’administrant dans l’eau de boisson. Et il pense que le nouveau protocole de dépistage va faire doubler le marché français, pour arriver par conséquent à une couverture complète du cheptel français producteur d’œufs de consommation. C’est en particulier le cas des élevages fournissant la marque Œufs de nos Villages, qui jouissent de ce fait d’une très faible prévalence, assure Paul Créach. Le responsable de Ceva pense que même les éleveurs de moins de 250 pondeuses, qui sont exemptés de dépistage, recevront des poulettes vaccinées en achetant des fins de lots. « Nous sommes prêts à accompagner les éleveurs sur le plan technique », déclare Paul Créach. Le vaccin vivant anti-salmonelle, déjà largement répandu en Europe, est essentiellement commercialisé par le Français Ceva et l’Américain Elanco.

SC

Ceva prévoit 100 % des élevages de poules pondeuses vaccinés