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Le Papondu cherche des fonds pour accélérer le développement de son œuf végétal

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Sheryline Thavisouk (à gauche) et Philippine Soulères, cofondatrices de Le Papondu Crédits : © Le Papondu

Le Papondu a mis au point un œuf végétal à base de farine de féverole. La société vient de démarrer la commercialisation du Papondu battu, une poche de 500g équivalent à 10 œufs battus, principalement à destination des restaurants végans. La société cherche à lever 1,5 million d'euros d’ici à la fin de l’année.

Alors que l’œuf est omniprésent dans la cuisine française, l’allergie à l’œuf est aussi la plus représentée chez l’enfant. C’est de ce constat que sont parties Sheryline Thavisouk et Philippine Soulères, ingénieurs en biologie lorsqu’elles ont créé Le Papondu, un œuf sans poule. « Nous avons étudié au niveau de l’œuf ce qui était responsable de telle ou telle fonctionnalité, et ensuite nous avons cherché des équivalents dans le domaine végétal. Notre choix s’est porté sur la farine de féverole, à laquelle s’ajoute une liste courte d’ingrédients (1). Notre produit est non allergène, noté A au Nutri-Score, moins calorique que l’œuf, riche en protéines et en plus il contient des fibres », explique Sheryline Thavisouk.  Actuellement sourcée en Amérique du Nord pour la féverole, la société espère à terme trouver une filière bio en France ou en Europe.

En avril 2022, Le Papondu a démarré la commercialisation en B to B du Papondu battu, soit l’équivalent de 10 œufs battus vendus sous forme de poche de 500 g, principalement à destination des restaurants végans. Et depuis fin août, ce produit est accessible auprès de quelques distributeurs végans et sur le site vegetalsquare.fr. « Les débuts sont très encourageants. Nous assurons la production dans notre propre laboratoire culinaire en Ile-de-France sur un rythme de 70 kilos de Papondu battu par jour et nous travaillons en parallèle avec un industriel qui a une capacité de 250 kilos par jour, et pourrait nous aider en cas de forte demande », détaille Sheryline Thavisouk.

Un œuf avec le jaune et le blanc séparé à l'étude

Au départ, les fondatrices avaient développé un œuf végétal avec le blanc et le jaune séparés grâce à la sériphication, une technique utilisée en cuisine cellulaire. « En avançant dans la R&D, la question de l’industrialisation de ce process s’est posée. Dans un premier temps, nous avons donc décidé de commercialiser le Papondu battu, mais notre projet initial est toujours en réflexion, notamment pour faire évoluer le packaging » , précise-t-elle.

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Pour accélérer son développement, le Papondu compte lever 1,5 million d’euros, d’ici à la fin de l’année. Une quarantaine d’investisseurs s'étant déjà déclarés intéressés par la start-up, les fondatrices vont démarrer les discussions avec « des fonds d’investissements spécialisés en agroalimentaire et des fonds à impact, et pourquoi pas des industriels qui pourraient nous apporter leur expérience », confie Sheryline Thavisouk. Avec ces fonds, la société compte augmenter sa capacité de production et envisage de recruter jusqu’à une dizaine de personnes, pour compléter l’équipe, actuellement composée de 4 personnes.  

Intégré au sein de Station F, le Papondu fait partie du Future 40, c’est-à-dire des 40 start-up les plus prometteuses. Et la société a récemment été récompensée à L’Agrifood’ture Challenge (Prix Transition protéique) et à IDFood Paris (prix Nutrition).

(1) Une fibre végétale (méthylcellulose fabriquée à partir de la cellulose du bois), un arôme naturel, de l’extrait de carotte et de potiron, du sel et de l’eau.