Le « plan Bordeaux » de lutte contre la crise vitivinicole en Gironde, qui comprend notamment l’arrachage de vignes et la distillation de surplus, a été avalisé par le Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB), a annoncé le 2 juin le président du CIVB, Christian Delpeuch.
La cinquantaine de membres du conseil, qui regroupe producteurs et négociants, a voté à la majorité le 1er juin, les principaux points du plan, a indiqué Christian Delpeuch. Il s’agissait de « vérifier que le plan Bordeaux avait l’adhésion et l’aval de tous les professionnels bordelais », a-t-il expliqué en précisant avoir mis son « mandat dans la balance ». La profession doit montrer « son unité » face aux pouvoirs publics et à l’approche de la 13e édition du salon Vinexpo, a estimé Christian Delpeuch.
Outre la distillation d’une partie des stocks d’invendus, le plan prévoit de compléter les primes européennes pour financer l’arrachage de 8 000 à 10 000 ha de vignes. La caution du gouvernement sur l’emprunt de 60 M d’euros demandé par le CIVB sera « entériné dans le cadre d’une loi de finance rectificative en juin ou dans le cadre de la loi de finance initiale en fin d’année », a confirmé le président du CIVB. Il a également obtenu du Conseil l’approbation d’une limitation de la production à 50 hl/ha jusqu’au retour à l’équilibre du marché.
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« Le CIVB n’a pas pour mission de fixer les rendements », mais il a en revanche, « pour mission de donner aux pouvoirs publics son avis sur un rendement souhaitable pour les AOC de Bordeaux », a expliqué Christian Delpeuch, ajoutant que si les rendements n’étaient pas acceptés par les syndicats viticoles, « on allait droit dans le mur ».
Le CIVB a également approuvé le projet de création d’un « vin de pays de grande zone », qui pourrait provenir de Gironde, Dordogne, Lot-et-Garonne et Charentes. Ce vin de pays, qui pourrait être baptisé « vin de pays de l’Atlantique », permettrait de réduire le volume de la production d’AOC et de limiter l’arrachage. Dans ce cadre, l’utilisation de nouvelles méthodes oenologiques, comme les copeaux de bois, serait envisageable.