Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, et Guillaume Garot, ministre de l’Agroalimentaire, semblent plus optimistes qu’à la sortie de la réunion de la filière laitière le 8 avril. Les 15 et 18 avril, la filière porc puis la filière avicole ont présenté les résultats de travaux initiés il y a plusieurs mois par l’ensemble des acteurs de la filière pour sauver l’élevage hors-sol en France. Mais l’optimisme affiché des pouvoirs publics se transforme en scepticisme chez les professionnels du porc et de la volaille. Le diagnostic de départ est très proche pour l’une et l’autre des filières : une production en fort repli, un outil d’abattage français sous-utilisé, des relations commerciales compliquées. Pour y remédier, le rapport présenté par Alain Berger suggère notamment un nouveau modèle d’élevage hors-sol.
L’élevage hors-sol a deux plans d’avenir : les 15 et 18 avril, les professionnels de la filière porcine puis avicole ont présenté aux ministres Stéphane Le Foll et Guillaume Garot le résultat des travaux engagés, orchestrés par Alain Berger, délégué interministériel aux industries agroalimentaires et à l’agro-industrie. La mesure la plus concrète de ce travail engage la filière vers un agrandissement des élevages. Elle propose notamment pour ce faire, un l’allègement de la réglementation Installation classée pour l’environnement (ICPE) en élevage porcin. « Le Premier ministre a confié à Delphine Batho le soin de mener les négociations pour évoluer dans le sens d’une simplification », explique Stéphane Le Foll. Objectif : passer à un régime d’enregistrement pour des exploitations d’une taille inférieure aux seuils européens, soit 750 places de truies et/ou 2000 places de porcs à l’engraissement. Ce qui permettrait d’engager la filière vers un agrandissement des élevages. Auparavant, ces exploitations étaient soumises à un régime dit d’autorisation plus contraignant et impliquant une enquête publique ainsi que des démarches actuellement très longues. « Le délai de prise de décision devrait ainsi pouvoir être réduit à 5 mois », lit-on dans le rapport. Cependant, la tendance actuelle fait tendre le modèle français d’élevage porcin vers 215 truies et 1720 places d’engraissement en 2020 selon les travaux de l’Ifip (institut technique du porc). « Une démarche volontariste devrait viser 300 truies, avec 20% des porcs engraissés en dehors de l’exploitation, de façon à rester sous le seuil européen de 2000 places de porcs », préconise le plan. En élevage avicole, l’accroissement de la taille des bâtiments attendue est de 1600 à 5000 mètres carrés en moyenne.
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