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Le programme de travail des régions fruitières européennes

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Les régions fruitières et légumières européennes (Areflh) ont présenté, en assemblée générale, leur programme de travail pour l'année à venir. L'assemblée vient de créer un groupe de travail sur l’eau, veut gagner en influence sur la prochaine Pac, et continue de se mobiliser sur les emballages et la stratégie de la Ferme à la table.

L’Assemblée des régions européennes fruitières, légumières et horticoles (Areflh) – composée de seize régions de France, Belgique, Espagne Italie et Grèce – s’est réunie pour son assemblée générale annuelle, le 23 mars, à Lleida en Catalogne. À l’issue, l’Areflh a annoncé avoir créé un groupe de travail sur la problématique de l’eau. Le but sera d’« échanger sur les conséquences du manque d’eau dans [les] territoires et [sur les] solutions à court et moyen terme permettant de garantir la production », indique un communiqué. Les professionnels ont aussi échangé sur des thématiques d’actualité, dans un évènement (en anglais) retransmis en direct sur la chaîne Youtube RuralCat de la région catalane.

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Une première table-ronde portait sur le projet de règlement européen sur les emballages qui cristallise de nombreuses inquiétudes. Présenté en novembre 2022 par la Commission européenne, le texte vise à interdire les emballages à usage unique pour les lots de fruits et légumes inférieurs à 1,5 kg. L’Areflh estime que les dérogations envisagées sont « insuffisantes pour garantir un transport optimum, l’exportation, et la meilleure qualité possible dans les points de vente ». « Ce dossier est crucial », a déclaré la présidente de l’Areflh Simona Caselli citée dans le communiqué. Elle a promis d’œuvrer pour « garantir une harmonisation des législations sur les emballages », et estime qu’il faut « sensibiliser les consommateurs finaux » sur le travail et les innovations engagés par la filière.

« Réaliste, abordable et juste »

Lors d’une deuxième table-ronde, les participants ont échangé sur la mise en œuvre de la nouvelle Pac, et notamment de la stratégie De la Ferme à la table qui prévoit de réduire l’usage des pesticides. « La stratégie De la ferme à la table est fondamentale, nous devons le faire pour les prochaines générations », a estimé le président du groupe de travail fruits et légumes au Copa-Cogeca Luc Vanoirbeek. Mais, il a attiré l’attention sur trois prérequis. Premièrement, la stratégie doit être « réaliste sur les échéances » a estimé M. Vanoirbeek, qui est également secrétaire général de l’association des coopératives belges VBT. « Nous avons besoin du soutien des stations de recherche, mais aussi de l’industrie de la protection des cultures : ces gens vont jouer un rôle essentiel dans cette discussion ».

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Deuxième prérequis selon lui : la stratégie Farm to fork doit être « abordable » pour les producteurs. « [Le secteur des] fruits et légumes est sous une pression extrême », a martelé M. Vanoirbeek en énumérant une « accélération des crises » : crise de l’e-coli en 2011, embargo russe sur les produits alimentaires européens en 2014, crise sanitaire de la Covid en 2020, guerre en Ukraine en 2022, hausse des coûts de production, effets du changement climatique, apparition de nouveaux ravageurs. « Tout le monde, dont les ONG, nous dit ce qu’on doit faire, pourquoi on doit le faire, comment il faut le faire, mais personne ne veut nous payer pour cela », a poursuivi M. Vanoirbeek. « Or, vous pouvez inciter les producteurs à innover, à essayer de nouvelles choses, à investir… [au bout du compte], ça ne marche pas si cela coûte trop cher. » Dernier prérequis: « Il faut que ce soit juste », a ajouté le représentant du Copa-Cogeca. « On ne peut pas vivre dans un système où les producteurs européens de fruits et légumes produisent selon des normes extrêmement élevées, et qui importe du reste du monde des produits qui ne reflètent pas ces mêmes niveaux d’exigence ».

Reconnaissance européenne

Par ailleurs, l’Areflh fait désormais partie du réseau européen de la Pac (EU CAP network), un « forum » qui facilite les échanges pour le développement rural et pour la recherche et l’innovation (EIP-Agri). « Ce réseau fonctionne comme un groupe d'experts de la Commission européenne, dont le but est de rassembler les parties prenantes de la Pac afin d’accroître le dialogue, les contacts directs et les échanges d’information », s’est réjouie l’Arelfh dans un communiqué le 10 mars. L’Areflh rejoint aussi « pour les cinq prochaines années » cinq groupes de dialogue civil (GDC) de la Direction générale de l’agriculture de la Commission européenne (DG Agri). Ces groupes portent sur les thématiques suivantes : « qualité et promotion » (dont AOP et IGP), « Pac et plans stratégiques », « agriculture biologique », « environnement et changement climatique », et « aspects internationaux de l’agriculture (accords de libre-échange, phytosanitaires…). « Les GDC sont le premier interlocuteur structuré de la Commission sur les principales initiatives réglementaires et sur l'application des réglementations et directives en vigueur. La validation de ces cinq candidatures est une réussite importante et inattendue pour l’Areflh. Elle témoigne de la reconnaissance du travail mené sur les principaux dossiers européens du secteur et du dialogue actif et constructif engagé avec les institutions », a réagi l’organisation.

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