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Le projet d’engrais alternatif N-Vert entame sa phase de recherche

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Le projet N-Vert combine production d'engrais et d'électricité sur un même site. Crédits : © N-Vert

Le projet N-Vert ambitionne de supprimer les émissions de gaz à effet de serre engendrés par la production d’engrais azotés. En produisant l’engrais à la ferme et en se passant du procédé Haber-Bosch. Un site internet dédié au projet vient d’être mis en ligne.

Parmi les projets en cours de développement cherchant à fabriquer des engrais « verts », c’est à dire avec peu ou pas du tout d’émission de gaz à effet de serre, l’initiative de François Vanier mérite d’être signalée. 

Cet agriculteur de l’Eure-et-Loir a lancé un projet nommé N-Vert consistant à fabriquer à la ferme l’engrais azoté en se passant du procédé Haber Bosch, très gourmand en énergie. Il ouvre un site internet dédié pour exposer son projet : n-vert.com qui est accompagné par l’incubateur Les Champs du possible - Village by CA à Châteaudun.

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« La production d’ammoniac, qui est la base des engrais azoté, est le résultat de la combinaison de l’azote de l’air et de l’hydrogène de la molécule du méthane (CH4), ce qui est très émetteur de gaz à effet de serre, soir l’équivalent de 2% des gaz à effets de serre produits à l’échelle mondiale. Dans ce contexte, de nombreuses recherches sont menées pour trouver des alternatives », constate François Vanier.

Electricité photovoltaïque stockée à la ferme

« Le principe du projet N-Vert consiste à obtenir de l’ammoniac en envoyant l’azote dans un électrolyseur, en le combinant à une source d’énergie renouvelable produite à l’échelle de l’exploitation agricole », poursuit-il. Cette électricité renouvelable serait fournie par des panneaux solaires, dont une partie de l’énergie serait stockée non pas sur des batteries, trop onéreuses et pas durables, mais grâce à un volant cinétique, afin d’avoir une alimentation électrique 24 heures sur 24.

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François Vanier a aussi travaillé sur le dimensionnement et le coût de son dispositif. « Un hangar couvert de panneaux solaires permettrait de fournir l’électricité nécessaire à la production d’engrais azotés pour couvrir les besoins d’une ferme de 150 hectares de grandes cultures, à raison de 180 kg d’azote à l’hectare. Et en garantissant l’équipement pendant 15 ans, l’objectif est de produire le kg d’azote à 2 euros », indique François Vanier. Certes, le prix est supérieur au prix actuel du marché, mais celui-ci est fluctuant et est déjà allé à plus de 3 euros. 

De plus les agriculteurs pourraient se rémunérer grâce aux crédits carbone générés par sa diminution de gaz à effet de serre en utilisant cet engrais azoté décarboné.

François Vanier a récemment signé un contrat de partenariat avec le CNRS de Poitiers et bientôt avec le CEA de Grenoble pour poursuivre les recherches sur son modèle alternatif de production d’engrais vert. « On est dans une phase de recherche qui va durer 3 à 4 ans », estime-t-il.