« Notre capacité à produire demain recule. Ce n’est pas une fatalité, mais le résultat de choix politiques qui ont laissé s’imposer la loi du marché, au détriment du revenu paysan et de la cohérence écologique », déplore le Parti socialiste dans un projet de programme en vue de la présidentielle de 2027, dévoilé le 22 avril. Ce document de 144 pages, dans le chapitre agricole a été coordonné par l’eurodéputé landais Éric Sargiacomo, doit désormais être soumis aux amendements des fédérations et des militants dans les semaines à venir puis il sera adopté dans les prochains mois.
Le Parti socialiste propose de mieux cibler les aides de la Pac pour qu’elle favorise l’emploi agricole plutôt que la surface d’exploitation. Il insiste pour empêcher toute renationalisation de la Pac tout en plaidant pour une décentralisation en renforçant le rôle des régions, pour décliner les outils de soutien au plus près des spécificités de chaque territoire. Le PS dit « refuser tout nouvel accord de libre-échange non fondé sur la réciprocité », et vouloir « interdire la consommation en France des produits agricoles fabriqués en utilisant des pesticides et herbicides interdits en Europe ».
Pour protéger les agriculteurs il est proposé de relever les prix plancher européens, pour qu’ils soient réellement rémunérateurs et pour lutter contre le dumping sur les marchés internationaux. Enfin, le PS souhaite favoriser la reprise des exploitations agricoles françaises, à travers l’adoption d’une grande loi foncière, garante du renouvellement des générations et protectrice vis-à-vis des fonds d’investissement étrangers.
Sur le plan de l’alimentation, le PS plaide pour le développement des circuits court, rendre obligatoire le Nutri-Score et adopter une « loi Évin » de l’alimentation pour interdire la publicité en faveur de produits trop gras, trop salés ou trop sucrés. Enfin, un chapitre est consacré au bien-être animal qui prévoit entre autres l’interdiction de l’élevage en cage.
AG