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Viticulture Le réchauffement du climat au menu des Vignerons indépendants

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Lors de leurs Rencontres annuelles qui se sont tenues les 29 et 30 avril à Macon (Saône-et-Loire), les Vignerons indépendants ont fait appel à des chercheurs français et étrangers pour mieux prendre la température du climat et rechercher des solutions pour la vigne et le vin.

Le réchauffement climatique est déjà là. Le millésime exceptionnel de 2009 a enregistré des degrés jamais atteints après des années marquées par des pertes de récoltes dues à la sécheresse, des grêles dans de nombreuses régions, 1,8° d’alcool en plus depuis 20 ans et des dates de vendanges avancées de 5 jours, rapportent les Vignerons indépendants en ouverture de leurs Rencontres.
Une enquête réalisée par l’Institut français de la vigne et du vin (IFV) auprès des vignerons pour savoir quels phénomènes ils ont observés en lien possible avec le réchauffement climatique, la réponse qui revient le plus est une augmentation du taux de sucre (19% des réponses) et la précocité des vendanges (18%) puis une modification des processus de maturation (15%). Les vignerons notent également une augmentation de la sécheresse et des orages. La profession est demandeuse de la mise en place d’observatoires (49%) et dans une moindre mesure la création de nouvelles variétés (29%) et de nouveaux porte-greffes (16%). Sur le plan viticole, vignerons et chercheurs estiment prioritaire d’adapter la gestion des sols (68%) et les modes de conduite (48%), d’utiliser l’irrigation (27%) et dans une moindre mesure d’étudier la salinité des sols (10%). En termes de pratiques œnologiques, les priorités sont la maîtrise de la température des raisins, des moûts et des vins (80%), l’adaptation du transport des raisins, des moûts et des vins (43%), la vendange de nuit (26%), la maîtrise de l’acidité (20%), la réduction de la teneur en sucre (18%) et la désalcoolisation (8%).

Irrigation et désalcoolisation
L’irrigation, selon Jean-Christophe Payan (IFV) augmente le poids de baies et le volume de la récolte de + 30% à +50%, avec un apport quotidien au goutte à goutte. Mais à plus de 100 mm, les apports ne sont pas valorisés. Les effets de l’irrigation varient selon les cépages et les doses utilisées mais en général les sucres et l’acidité sont en augmentation. L’irrigation ne permet pas de réguler les rendements. Des outils sont encore nécessaires pour savoir quand la déclencher. Selon l’IFV, elle pourrait devenir un outil précieux en cas de réchauffement climatique en évitant de perdre trop de volume de récolte.
Quant à la désalcoolisation, à petites doses, elle peut apporter des corrections au vin. Ainsi, entre 1° et 1,5°, elle influence peu le profil gustatif du vin, selon Olivier Viret, de la Station de recherche Agroscope Changins-Wädenswil ACW (Suisse).
Cette station étudie également les problèmes fongiques qui vont s’accroissant avec la montée des températures et a mis au point un modèle de prévisions des risques d’attaque, basé sur l’observation des spores. D’autre part, les chercheurs travaillent à la sélection de variétés résistantes au mildiou et à l’oïdium.
Mais toutes les solutions ne viendront pas de la recherche et les exploitations viticoles sont conscientes qu’elles devront réduire leur impact sur l’environnement et leur consommation globale d’énergie.

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