Ambiance tendue au CSO (Conseil supérieur d’orientation) du 14 novembre au sujet des budgets des offices. L’ensemble de la profession agricole a voté contre, à l’exception de la Coordination rurale qui s’est abstenue. L’engagement du ministre Michel Barnier à reconduire en 2009 un financement équivalent au budget 2007, sans l’aide de la ressource extra-budgétaire évaluée à 50 millions d’euros que devrait constituer la vente de l’immeuble de l’ex-ONIGC, a laissé les professionnels perplexes ou franchement en colère.
«Je respecte un conseil de famille qui décide de vendre ses bijoux de famille si ce n’est pas un signe de désengagement généralisé de l’État », résume François Lucas, le président de la Coordination rurale, au sujet de la vente de l’immeuble de l’avenue Bosquet de l’ancien siège de l’ONIGC par le ministère de l’Agriculture. Estimé à 50 millions d’euros en tant que ressource « extra-budgétaire », la vente immobilière de l’avenue Bosquet sauve en quelque sorte le budget d’intervention des offices à 156,280 millions d’euros en 2008 contre 158,282 millions en 2007 (sans les 50 millions euros). Perplexes quant aux engagements du ministre de pouvoir maintenir en 2009 la même ligne budgétaire qu’en 2007 sans l’appui d’une ressource immobilière extra-budgétaire, les professionnels agricoles ont voté massivement contre le budget des offices examiné au CSO du 14 novembre. Certains allant même jusqu’à affirmer que le produit de la vente de cet immeuble devait leur revenir, se considérant comme les propriétaires du lieu. Un débat ancien dans la profession.
La politique budgétaire du gouvernement a entraîné un mécontentement de toute la filière viticole, selon Jérôme Despey, président du conseil spécialisé « vin » de Viniflhor qui s’est réuni le 14 novembre. Sur les 50 millions d’euros provenant de la vente de l’immeuble de l’avenue Bosquet, 20 millions reviendraient à Viniflhor, explique le président du conseil.
« C’est se moquer de nous »
« C’est se moquer de nous. Comment pouvons-nous engager des actions sur un budget hypothétique ? », s’énerve Jérôme Despey. D’autre part, « avec ces 20 M d’euros (23,199 M euros exactement, NDLR), la baisse du budget de l’office est de 15% mais sans cette somme elle est de 40%. Cela nous donne des craintes pour les années à venir, nous n’aurons pas toujours d’immeubles à vendre », fait remarquer Jérôme Despey.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
« Les crédits pour l’expérimentation et la recherche sont en baisse de 15%. Le budget de l’appui à la filière (restructuration des entreprises), de 8 millions d’euros en 2007 pour la seule filière viticole et de 14 M d’euros pour l’ensemble des filières, sera de 8 millions d’euros en 2008 pour l’ensemble des filières de l’office. C’est une baisse de 45% », poursuit Jérôme Despey.
« Les aides aux entreprises pour la promotion à l’international sont passées de 4 M d’euros en 2007 à zéro. C’est de la provocation d’annoncer cela alors qu’on nous demande de mettre en place un plan de modernisation sur 5 ans et d’améliorer notre compétitivité et que le groupe sur la gouvernance de la filière se réunit la semaine prochaine. C’est un signe d’abandon », regrette le président du conseil spécialisé « vin » qui conclut : « Dans ces conditions, je refuserai de voter le budget de l’office en conseil plénier le 21 novembre ». La plupart des conseils de direction des offices auront lieu dans la semaine du 19 novembre.