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Vin Le recul des exportations de vin se confirme

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La consommation mondiale de vin se développe mais reste inférieure à la production, entraînant une guerre des prix qui pèse lourd pour la viticulture française et européenne, depuis le milieu des années 2000. La France, après avoir perdu des parts de marché, voit ses exportations reculer en volume et en valeur. La dernière campagne 2008/2009 a marqué un repli significatif.

Même si la consommation mondiale de vin ne cesse de se développer depuis les années 2000, le vin français se vend moins bien hors des frontières. La consommation mondiale est passée de 236,9 millions d’hl en 2003 à 242,9 Mhl en 2008 (chiffre provisoire), selon les estimations de l’OIV. Soit une augmentation de 6 Mhl.
Sur ce total, une part de plus en plus importante est échangée entre pays, du fait notamment du développement de la consommation dans les pays non producteurs. Les échanges représentaient 72,5 Mhl en 2003 soit 30,6% des volumes consommés et 89,1Mhl en 2008 soit 36,7%.
Dans ses échanges, la part de la France va en se réduisant. Les ventes françaises de vin ont culminé sur les années 1986/1990, atteignant 29% de l’ensemble des échanges mondiaux (à part égale avec l’Italie). Ses volumes moyens vendus étaient évalués par les Douanes à 12,8 millions d’hectolitres par an. En 2008, selon les derniers chiffres d’Ubifrance, la France n’a vendu que 12,684 Mhl revenant ainsi 20 ans en arrière. Dans le même temps, les vins d’Amérique du Sud sont passés de 1% des volumes échangés aux début des années 90 à 11% en 2008 ; l’Espagne de 11% à 19% et l’Océanie (Australie, Nouvelle-Zélande) de 1% à 9%.

La vieille europe lâche du terrain
La production mondiale a connu des années de croissance régulière, portée par de nombreuses plantations dans les pays dits du Nouveau monde et des plantations plus modérées en Europe. Elle est estimée par l’OIV en 2008 dans un fourchette qui va de 266,6 Mhl à 272,3 Mhl. Bien au-dessus des niveaux de consommation. Cette année là pourtant, la production est en baisse car la vieille Europe, laminée par la guerre des prix et contrainte de distiller des excédents à plusieurs reprises, a décidé d’arracher massivement : 33 millions d’hectares sont détruits dans l’UE pour la seule année 2007. Le vignoble européen (de l’UE à 15) se rétracte de 3,433 Mha en 2005 à 3,379 Mha en 2008, sur un vignoble mondial estimé à 7,891 Mha. La production viticole est également en baisse pour les pays de l’UE à 15 (hors pays entrants) passant de 151,289 Mhl à 147, 557 Mhl.

Campagne 2008/2009 : retour au niveau des anénes 1990
Les volumes vendus par la France n’ont pas seulement reculé en part des échanges. Ils s’érodent d’année en année. Avec un total exporté à 12,684 millions, la campagne 2008/2009 accuse un net recul, sans doute en raison d’une baisse importante de la récolte conjuguée à une crise économique internationale. Le chiffre d’affaires des vins qui jusque-là s’était maintenu malgré la baisse des volumes, a également décroché. Il est passé de 7,045 milliards d’euros en 2007/2008 à 5,804 milliards d’euros en 2008/2009. Les vins haut de gamme et les champagne qui expliquaient le maintien des valeurs exportées, ont fait cette fois les frais de la crise. L’effet conjoncturel est cependant important et les opérateurs de la filière sont plus optimistes pour la campagne qui s’ouvre.

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