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Revenus agricoles Le revenu agricole marqué par la volatilité des prix

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L’évolution du revenu agricole est maintenant fortement marquée par la volatilité des prix. C’est ce que montrent les statistiques diffusées lors de la Commission des comptes de l’agriculture réunie le 30 juin. Alors que le résultat courant des exploitants était de 21 100 en moyenne en 2008, il s’est effondré en 2009 à 11 300 euros pour se redresser à 24 300 euros en 2010. Néanmoins, si l’on en juge par des moyennes triennales, le revenu de 2010 (moyenne de 2008, 2009 et 2010) ressemble fort à celui de 1992. A une différence notable près : il a plutôt augmenté pour les grandes cultures et nettement baissé pour la viticulture et le hors sol.

La forte baisse des prix de 2009 avait marqué l’évolution du revenu ; la forte hausse constatée au milieu de 2010 a marqué dans l’autre sens les revenus de 2010. Cette volatilité semble devoir durablement influencer la situation des exploitants agricoles. Mais elle est bien plus marquée, évidemment, pour les grandes cultures, dont le résultat courant est passé de 30 900 euros à 7 600 euros et 39 900 euros respectivement pour les années 2008, 2009, 2010. Pour le hors sol, en revanche, la situation est bien plus stable à des niveaux assez faibles (14 600 euros et 17 400 euros) en 2009 et 2010. La situation de la viticulture n’a que légèrement évolué également, de 21 100 euros en 2009 à 20 800 euros en 2010.

La hausse des volumes pour le lait

Dans les régions de grandes cultures et de fruits et légumes, « le revenu est stimulé par le redressement des prix de la plupart des productions végétales », expliquent les analystes du ministère de l’agriculture. Pour le lait, la hausse du volume produit a eu un effet qui s’est conjugué à la hausse des prix. Pour d’autres secteurs de l’élevage, comme les ovins, c’est aussi le bilan de santé de la Pac, négocié par Michel Barnier à l’époque ministre de l’Agriculture, qui a donné un sérieux coup de pouce au revenu des éleveurs.
En 2009, avec 10 200 euros annuels, le revenu de l’ensemble des exploitations de grandes cultures avait connu un record à la baisse. Depuis, la flambée des prix est passée par là : le résultat courant s’est redressé à 40 000 euros en moyenne par actif. L’ensemble du pôle céréalier, si l’on prend des moyennes sur trois ans, est cependant à la baisse ces cinq dernières années. Grâce au phénomène prix, le revenu de l’arboriculture fruitière se situe lui aussi à la hausse. La situation est beaucoup plus contrastée en élevage. Le résultat courant a doublé en production laitière mais a beaucoup moins progressé en élevage de bovins viande (de 9 500 euros à 14 300 euros en 2010). Les ovins et autres herbivores ont vu le revenu de leurs éleveurs augmenter dans des proportions similaires.

Comme en 1992

Sur le long terme et en valeurs constantes, les évolutions sont plutôt décevantes. Si l’on compare les moyennes triennales des années se terminant au millésime (2008, 2009, 2010 pour le millésime 2010), les revenus sont resté stables en moyenne tous secteurs (autour de 18 500 euros). Ils sont passés de 17 700 euros en 1992 (moyenne de 1990, 1991 et 1992)à 26 100 en 2010 pour les grandes cultures. En revanche, ils ont baissé 26 00 à 18 600 pour l’arboriculture fruitière, sont restés stables pour l’élevage laitier (16 900 euros) et les bovins viande (11 500 euros) et ont baissé pour la viticulture (de 36 400 à 23 200 euros).

logo adobe pdf Télécharger les tableaux des revenus agricoles 2010

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