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Aviculture Le Synalaf veut lier IGP et Label rouge

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Les producteurs de volailles labellisées résistent à la morosité et défendent leurs référentiels de qualité pour s’attaquer à la restauration hors domicile.

Malgré la baisse de la consommation, les producteurs de volailles sous label entendent bien conforter leur position. Alors que les élus locaux recevaient une lettre ouverte vantant les avantages de la volaille Label rouge pour la restauration scolaire, le Synalaf (Syndicat national des labels avicoles de France) tenait congrès le 9 juin près de Paris.

Au-delà des cantines, c’est tout le marché de la restauration hors domicile et des découpes que les volaillers labellisés cherchent aujourd’hui à conquérir. Alors que le Label rouge représente les deux tiers des poulets entiers achetés en GMS en 2004, sa part tombe à 12 % dans les découpes qui passent par ce circuit de distribution et reste confidentielle en RHD à moins de 2 000 tonnes. Après avoir vu ce débouché croître de 35 % en 2004, le Synalaf entend bien y gagner des parts de marché significatives à l’avenir en continuant à s’adapter aux demandes de ces clients en matière de surgélation, de DLUO, etc.

Grippe aviaire et stagnation du pouvoir d’achat obligent, ce n’est en effet pas du côté de l’augmentation de la consommation que la profession trouvera son salut. Les achats totaux de poulet en GMS ont stagné en 2004 (+0,2 %) et le ménage moyen a consacré exactement la même somme à son budget poulets entiers label rouge que l’année précédente (8,88 euros).

Quant aux exportations, elles s’effondrent de 13 % en 2004 pour les poulets labels rouges, même si la baisse est deux fois plus sévère pour les produits sans signe de qualité.

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Eviter la confusion dans l’esprit du consommateur

Pour continuer à maintenir ses positions sur un marché morose, le Synalaf veut défendre le cadre réglementaire qui protège les labels existants. Alors que le projet de loi d’orientation agricole prévoit une simplification des signes de qualité et d’origine géographique, Eric Cachan, président du syndicat, a réclamé « la réservation des modes d’élevage “fermier élevé en plein air” et “fermier élevé en liberté” aux produits Label rouge, agriculture biologique ou AOC et la réservation de l’indication géographique aux seules volailles Label rouge, AOC et AB ».

Ce dernier point inquiète les éleveurs labellisés : le projet de loi pourrait selon eux ouvrir des indications d’origine protégée (IGP) à des producteurs qui ne respectent pas les référentiels des labels existants, suscitant la confusion dans l’esprit du consommateur. « Nous pensons que le consommateur ne comprendrait pas qu’une volaille IGP ne soit pas Label rouge», a affirmé Eric Cachan.

Revendiquant le même souci de cohérence, le Synalaf demande la convergence des référentiels « fermier » et « Label rouge » pour la production des œufs. Alors que la notice technique « œufs Label rouge » vient d’être homologuée et que le décret « fer mier » attendu depuis plusieurs années pourrait bientôt être publié, le syndicat a interpellé le ministère de l’Agriculture à ce sujet.

Pour défendre ces dossiers, le Synalaf a appelé les autres organisations de la filière à la création d’une véritable interprofession volaillère dont il se veut le fondateur. Eric Cachan a également insisté pour que le syndicat soit représenté au sein du futur Institut de la qualité et de l’origine. Selon lui, la sortie de crise chez les aviculteurs passe par une action collective mieux coordonnée.