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Millésime Bio Le vin bio porté par l'engouement des consommateurs, les surfaces aussi

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L'économie du vin bio est entraînée par l'engouement des consommateurs : le chiffre d'affaires est en hausse, et les surfaces de vignes bio aussi, est-il ressorti du Millésime Bio, le salon du vin bio. Mais elles devraient plafonner à partir de 2016. À moins que les efforts des vignerons bio, plébiscités par les consommateurs, les spécialistes du vin et les responsables politiques, débouchent sur une nouvelle vague de conversions à la viticulture bio.

Le dynamisme de l'économie du vin bio s'est confirmé lors du 22e « Millésime Bio », le salon du vin bio, qui s'est tenu du 26 au 28 janvier à Montpellier. Ce dynamisme, perceptible par l'animation des contacts et de l'intérêt des visiteurs au salon de Montpellier, est aussi quantifiable en millions d'euros.

Un chiffre d'affaires en forte croissance

Les ventes de vin bio ont généré un chiffre d'affaires de 413 M€ en 2012, puis de 503 en 2013 puis de 600 l'an dernier, a indiqué Patrick Guiraud, président du Millésime Bio ainsi que de Sudvinbio, l'association interprofessionnelle des vins biologiques. L'exportation quant à elle représente 44% de la production française commercialisée, à 228 M€. Cette évolution positive est accompagnée d'une vive progression des superficies de vigne bio : + 4 à 5 000 hectares par an. Celles-ci atteignent 64 000 hectares. Elles n'étaient que de 20 000 hectares en 2007. Mais elles plafonneront à 70 000 hectares partir de 2016, une fois la vague de conversions à la viticulture bio (les conversions en bio s'étalent sur trois ans) selon le président du Millésime Bio.

Que se passera-t-il après ? La viticulture bio a un atout sur le secteur conventionnel : sa démographie. L'âge moyen du vigneron bio est de 46 ans et 7 mois, tandis que celui du vigneron conventionnel est de 53 ans et 3 mois, précise-t-on à Sudvinbio.

La force du vin bio, qui peut laisser présager un rebond futur des surfaces, c'est la vigueur de son marché. « Le vin bio est rémunérateur car il attire le consommateur », note Patrick Guiraud. Or l'intérêt des consommateurs et des spécialistes du vin ne se dément pas. Le nombre de visiteurs au salon l'a montré (voir encadré). De plus, l'appréciation que portent des œnologues, même extérieurs à la mouvance bio, est élogieuse vis-à-vis du vin bio et de ses apports à la viticulture, à la vinification, à la qualité, à l'environnement et même à la santé.

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Le bio tire les bonnes pratiques et aussi la qualité vers le haut

Ainsi, Marc Dworkin, œnologue vivant dans le Bordelais, tout en faisant remarquer en préambule qu'il n'est « pas un grand ambassadeur du vin bio », salue avec nombre d'arguments, la démarche de ce type de production. « Le fait que l'on réduise fortement les doses d'engrais et de traitements chimiques est une excellente chose ». Ce type de pratiques a eu un effet d'entraînement : « Nous avons tous réduit de 30% les volumes de phytos, et ceux-ci sont moins dangereux et plus efficaces ». Au stade de la vinification aussi, des efforts ont été accomplis partout, tirés par le bio : « On a pris conscience qu'on peut adopter des alternatives au soufre, pour le plus grand bien de la santé humaine. Pour ma part, j'ai réduit les doses de soufre de 40% depuis quinze ans ».

Quant à la qualité organoleptique du vin bio, elle n'est pas automatiquement meilleure que celle du vin issu des pratiques conventionnelles, mais « le bio nous fait réfléchir sur les conduites de culture et de vinification » qui sont globalement favorables à la production de qualité, selon l'œnologue. Ce dernier conclut : « Certains vignerons font de l'argent avec des volumes, par exemple 100 hectolitres à l'hectare. D'autres en font avec de la qualité. Je préfère la seconde option ». Marc Dworkin a créé un vignoble en Bulgarie, un autre en Roumanie et un autre dans la péninsule de Quindao en Chine.

Cette appréciation d'un spécialiste qui n'est pas particulièrement attaché au bio corrobore le jugement de Patrick Guiraud, interrogé par Agra sur l'incidence des pratiques bio sur la qualité du vin : « Le vin bio n'est pas forcément meilleur sur le plan organoleptique, mais la qualité est favorisée par la démarche biologique : veille permanente des phénomènes de la nature, attention poussée à la composition du produit, respect de l'expression du terroir ».

Millésime Bio : + 12,94 % de fréquentation pour le salon des vins bio

Millésime Bio, le salon des vins bio qui s'est tenu les 26, 27 et 28 janvier à Montpellier et qui vient de fermer ses portes, affiche une fréquentation en hausse de 12,94% par rapport à son édition de 2014, a indiqué Sudvinbio, l'association interprofessionnelle des vins biologiques le 28 au soir. Ce salon uniquement professionnel a accueilli 4 800 visiteurs, contre 4 250 l'an dernier. Les étrangers ont représenté 22 % des visiteurs. En tête, les professionnels du Bénélux (13,5 %), nord-américains (13 %), allemands (11 %), asiatiques (11 %). Côté exposants, 14 nationalités ont été représentées. Les vignobles autrichiens ont renforcé leur présence. Nouveaux cette année : la Nouvelle-Zélande, la Grèce et le Royaume-Uni.