Le vin du Rhône retrouve des volumes en phase avec son rythme de commercialisation, indique Inter Rhône, l'interprofession des vins rhodaniens. La production du millésime 2014 approche les trois millions d'hectolitres, mieux que la moyenne quinquennale. Il était temps : 2013, année de petite vendange, a été marquée par un record de volume à l'export.
Pour les appellations rhodaniennes, « 2014 renoue avec des volumes plus en phase avec la commercialisation. La vendange devrait représenter trois millions d'hectolitres, soit un volume équivalent à celui de 2011 », selon Inter Rhône. L'année 2013 était déficitaire avec 2,5 millions d'hectolitres de récolte totale, contre 2,8 millions en moyenne quinquennale.
Le rebond de l'exportation vers la Chine
Le vignoble a dû puiser dans ses stocks, car la commercialisation s'est élevée à 400 millions de bouteilles, soit 3 millions d'hectolitres en 2012/2013 (d'août à juillet). Cette campagne « a été marqué par un record de volume à l'export, dépassant pour la première fois le million d'hectolitres », précise l'interprofession régionale. Durant cette campagne 2012/2013, les performances ont été bonnes à l'export en Europe et Amérique, mais moins favorables en Chine du fait des restrictions d'importations par Pékin.
INTEr Rhône a donné début décembre des indications sur la qualité du millésime 2014. En bref, il en ressort que le climat tempéré de cet été a favorisé la maturation du raisin.
Sur la partie septentrionale, le vent du nord couplé au soleil sur les mois d'août et septembre « a fait oublier un mois de juillet atypique particulièrement pluvieux ». La syrah, cépage roi, « a atteint une maturité parfaite tout en conservant de bonnes acidités ». Parallèlement, le viognier (cépage blanc) « est particulièrement expressif » et a offert de très bons rendements.
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Les vins rouges de la partie méridionale sont marqués par un retour en force du grenache, cépage dominant : des vins « ronds en bouche et chaleureux », aux arômes de cassis et mûre épicés, typiques des appellations méridionales du Rhône, néanmoins légèrement moins tanniques qu'à l'ordinaire. La pluviométrie relativement importante durant l'hiver et un été plutôt frais devrait produire des vins moins capiteux qu'à l'accoutumée.
Le climat tempéré de cette année « a été favorable à la maturation aromatique » offrant des rosés et des blancs « d'une très belle qualité, frais et gourmands, équilibrés et vifs en bouche ».
En 2013/2014 (août-juillet), l'exportation vers la Chine a bondi (+35%) et le débouché américain, déjà bien assis, s'est consolidé (+6%). Mais cette fois, ce sont les importations des pays européens qui ont fléchi. Au total, pendant la campagne qui vient de se terminer, les exportations ont diminué de 3% en volume, selon Inter Rhône.
Sur le marché intérieur, les ventes ont reculé de 2,5% en grandes et moyennes surfaces (GMS). Le recul est plus accentué (-6%) en hard discount, selon le panel Iri.
Chez les cavistes, l'offre des vins du Rhône est en revanche « bien présente », notamment chez les vignerons indépendants, « avec une belle gamme continue, une offre sur tous les segments de marché du milieu, haut et très haut de gamme », avec dans ces circuits « une bonne mise en avant des blancs de la vallée du Rhône ». (MN)