Le Sial réunissait cette année dans un même hall l’épicerie fine, les produits bio, équitables, diététiques, et les compléments alimentaires. A l’image du vin, tous ces produits cherchent à toucher de nouveaux marchés en particulier à l’export, alors que les prochains mois s’annoncent difficiles.
Le nouveau hall 7 du Salon international de l’agroalimentaire (Sial) accueillait cette année, du 19 au 23 octobre, les « secteurs en développement » à travers le monde : l’épicerie fine, les produits bio, les produits diététiques, les compléments alimentaires et les produits issus du commerce équitable. De quoi proposer aux visiteurs professionnels, acheteurs internationaux potentiels, des produits répondant aux nouveaux comportements alimentaires des consommateurs : bons pour la santé, le bien-être, l’environnement ou le développement durable, certains produits pouvant cumuler différents aspects. Les vins et spiritueux, eux, faisaient un véritable retour sur le SIAL en 2008. Après des années d’absence, aux dires des exposants interrogés, et une réintroduction plébiscitée selon les organisateurs en 2006, leur importance s’est vue accrue lors de cette édition.
Trouver des nouveaux marchés
La création, entre autres animations, des Sial d’Or pour la catégorie vins, et d’une vitrine d’exposition, les « Best buy », présentant les vins du salon récompensés pour leur meilleur rapport qualité/prix, devait permettre aux exposants des pays représentés de mettre en valeur des innovations devenues des succès commerciaux sur leurs marchés. Car l’objectif de tout exposant au Sial durant ces 5 jours, et peut être encore plus dans ce Hall 7, est d’obtenir un maximum de nouvelles promesses de contrats, à confirmer par la suite. Pour les exposants français, comme pour les autres nationalités d’ailleurs, « les 6 premiers mois de 2009 à l’export seront difficiles », explique Gérard Bertrand, producteur de vins bio dans le Languedoc. « Le Sial se déroule à une bonne période de l’année. En ces temps difficiles, il nous permet de toucher des distributeurs du monde entier, et une nouvelle clientèle qui n’a pas l’habitude de venir sur les salons spécialisés dans le vin », précise-t-il.
« Apporter de l’innovation et être agressif en promotion »
François Tronquet, directeur export de la société Les Vignerons Catalans, acquiesce : « Au Sial, nous recevons les visites impromptues d’importateurs étrangers, en plus des rendez-vous pris par avance avec des exportateurs et des directeurs d’achat de la grande distribution ».
Encore faut-il pour ces exposants avoir adopté les techniques de marketing qui accrocheront le chaland expert de la distribution. Pour Gérard Bertrand, « il faut apporter de l’innovation et être agressif en promotion pour renforcer nos chances à l’export. Le packaging, respectueux de l’environnement, doit mettre le produit en valeur et s’adapter aux pays anglophones ».
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La société Les Vignerons Catalans a su mettre ces consignes à profit. Elle a été récompensée de deux Sial d’Or cette année (catégorie Vin, et Pays pour la France tous produits confondus) pour « Terroir Catalan », une sélection de vins du Roussillon « élaborés en rupture avec les codes traditionnels français » : la forme de la bouteille est différente, et le design « nouveau pour des vins français ».
Des structures adaptées à l’export pour les petits vignerons
Son bouchon, synthétique, permet, selon la société, une meilleure conservation du vin en régulant les échanges d’air, en évitant le goût de bouchon redouté par les consommateurs étrangers, permet de reboucher la bouteille facilement et sert de support promotionnel en arborant sur sa tranche le logo coloré de la marque. « C’est un plus pour l’export, avec des consommateurs étrangers habitués aux capsules à vis et au synthétique », assure François Tronquet, qui s’attend à d’importantes retombées médiatiques pour la marque.
Et pour les petits vignerons, qui n’ont pas de services commerciaux taillés pour l’export, des sociétés leur proposent de les emmener sur le marché. C’est le cas de French Addiction : cette société veut faciliter l’accès de vins français à tradition artisanale aux consommateurs étrangers, en leur en facilitant la compréhension. Elle vise des pays en émergence, ou du moins des « marchés peu traditionalistes » en matière de vin.