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EAU/STRATÉGIE L'Eau de Sail en flacon prestige

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Le domaine implanté dans la Loire a été racheté par un fonds d'investissement qatari en 2010. Depuis, plus de 2,5 millions d'euros ont été injectés en machines d'embouteillage et marketing pour sortir l'Eau de Sail, en flacon prestige de 40 cl vendu plus de 20 euros dans les grands restaurants et les épiceries fines.

Un flacon en verre soufflé aussi joli que celui d'un parfum, dans un boitage digne d'un grand cognac. L'Eau de Sail est commercialisée sous sa forme grand luxe depuis l'automne 2014. Lancé au Sirha 2015, fin janvier à Lyon, l'eau a reçu un excellent accueil des professionnels de la restauration, selon son directeur général. « C'est une eau qui présente des caractéristiques intéressantes pour la gastronomie et le vin, affirme Sylvain Vailleau. Sa forte teneur en silice permet, en quelque sorte, de remettre les papilles à zéro lors de dégustations de mets ou de vins. Cette eau de transition intéresse fortement les professionnels. » Pour pénétrer un peu plus ce marché du luxe, le marketing joue son rôle : design épuré, flacon en verre, bouchon noir mat, boitage de luxe. Un design et fabrication françaises pour accentuer le côté très haut de gamme. Le prix n'est pas en reste : environ 20 euros le flacon de 40 cl, aujourd'hui unique conditionnement, pour favoriser le principe d'une bouteille par convive.

RACHETÉE PAR UN FONDS QATARI

Le domaine des Eaux de Sail revient de loin. Obsolète, le site de thermalisme avait stoppé son activité au milieu des années 80. Un fonds d'investissement alsacien (P2C investissements) détenait la SA du Parc de Sail-les-Bains qui a été revendue à l'été 2010 à SAQR Qatari SA, un fonds qatari domicilié en Suisse et détenu par un homme d'affaires libanais, Amine Rizk, actuel président du domaine de 18 hectares, possédant six sources d'eau implanté dans la Loire. La société au capital d'un million d'euros a publié un chiffre d'affaires de 49 700 euros pour 2013 et des pertes de 491 500 euros. Huit salariés sont employés de l'entreprise de droit français. « Plus de 2,5 millions d'euros ont été engagés par le fonds d'investissement qatari notamment dans une nouvelle ligne d'embouteillage, détaille Sylvain Vailleau. L'autorisation préfectorale d'embouteiller a été obtenue en juillet 2014. Quelques millions de bouteilles seront vendues chaque année. L'eau jaillit d'un petit domaine. Elle est rare et nous n'avons pas vocation à être présent sur un marché de masse. »

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Distribués au nouveau Lafayette Gourmet Paris Haussmann et par quelques restaurants gastronomiques lyonnais et parisiens, ces flacons de luxe devraient mettre trois ans pour pénétrer correctement le marché du luxe, notamment à l'export où les pays du Moyen-Orient sont la cible première de l'investisseur. « Nous n'avons pas de concurrents en France. Il existe quelques bouteilles haut de gamme par leur contenant mais L'Eau de Sail, en plus de son flacon design, propose des qualités reconnues et différentes pour le marché de la gastronomie. »

THERMALISME

La première étape du projet consiste ainsi à relancer commercialement cette eau qui jaillit naturellement à 27,9° des profondeurs des contreforts du massif central. Reconnue par les Romains mais aussi par Louis Pasteur pour ses vertus thérapeutiques dans les maladies de peau, l'eau de Sail pourrait, dans un second temps, servir l'exploitation d'un nouveau centre de thermalisme. « C'est un projet à moyen terme, confie Sylvain Vailleau. Tout comme la déclinaison de produits à base de cette eau. »