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Législatives : à gauche, une diversité de consignes de vote

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Parmi les syndicats agricoles et organisations professionnelles classés à gauche, les consignes de vote sont allées de l’appel à voter Nouveau front populaire (NFP) à celui de faire barrage à l’extrême droite, en passant par des formules plus ou moins claires.

La Confédération paysanne n’appellera pas à voter pour le Nouveau Front populaire (NFP) aux élections législatives des 30 juin et 7 juillet, a indiqué le syndicat agricole dans un communiqué paru le 20 juin. Après avoir égrené ses treize demandes (« prix rémunérateurs garantis », « régulation des marchés agricoles », du foncier… ) pour les législatives, la Conf' « appel [le] le Nouveau Front populaire à porter et concrétiser ces propositions dans l’intérêt des paysans et paysannes et de l’intérêt général pour construire une société solidaire et ouverte ». Comprenne qui pourra. À l’instar du programme des Républicains pour la FNSEA, celui du Nouveau Front populaire est « très proche » des demandes de la Confédération paysanne, concède la porte-parole du syndicat agricole, Laurence Marandola, interrogée par Agra Presse : « L’esprit de ce communiqué, c’est d’appeler le NFP à " booster " le thème agricole dans la campagne, et à porter nos demandes où qu’ils soient par la suite ».

Face à la montée de l’extrême droite, plusieurs syndicats de salariés ont exceptionnellement appelé à voter pour le NFP, comme la CGT ou certaines antennes de la FSU. C’est aussi le cas du Modef. Après en avoir débattu en bureau le 21 juin, le plus petit des syndicats agricoles appelle à voter pour le Nouveau Front populaire au premier tour et à battre le Rassemblement national lors des élections législatives, a annoncé le syndicat agricole dans un communiqué le 24 juin. « Nous prenons cette décision dans un contexte inédit, notre République sociale, celle voulue par le Conseil national de la résistance (CNR) et notre agriculture paysanne et familiale sont en danger », explique-t-il. Pour lui, le Nouveau Front populaire rejoint notamment « une position fondamentale du Modef sur les négociations commerciales en garantissant un prix plancher et rémunérateur aux agriculteurs en taxant les superprofits des agro-industriels et de la grande distribution ».

Chez les producteurs bio de la Fnab, comme à la Confédération paysanne, la consigne a été moins ouverte, mais bien comprise en filigrane. Dans un communiqué, le syndicat fait un bilan des positions prises par les différentes coalitions en faveur de la bio. Résultats : les partis de gauche sont classés comme « des alliés incontestés de l’agriculture biologique », tandis que la majorité présidentielle « fait du en même temps » et que la droite perçoit la bio comme « une niche » qui « ne doit pas se développer » ; enfin, l’extrême droite est classée comme un groupe d'« opposants assumés à l’agriculture biologique ». À bon entendeur.

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L214 contre l’extrême droite

Dans la galaxie des ONG environnementales ou animalistes, les consignes les plus directes ont plutôt consisté à faire barrage à l’extrême droite. Le Réseau action climat (Rac) a effectué peu ou prou le même exercice que la Fnab – s’en prenant notamment à la majorité présidentielle. Sur le sujet de l’option végétarienne quotidienne dans les cantines scolaires, le Rac estime « très problématique » la position de la majorité présidentielle (Renaissance), qui a rejeté cette option dans la PPL Mieux manger d’avril 2023, alors que, durant le premier quinquennat, elle y semblait favorable. Le Rac déplore aussi que la majorité présidentielle ait voté contre l’approvisionnement à 100 % de viande française dans les cantines de l’État lors des débats sur la loi d’orientation agricole en mai 2024.

De son côté, L214 a appelé à faire barrage. L’association de défense des animaux rappelle qu’elle est « apartisane », mais justifie sa décision par les « circonstances exceptionnelles » (montée du vote RN, dissolution de l’Assemblée nationale). Selon l’ONG, le programme du Rassemblement national (RN) constitue « une menace imminente pour tous les animaux, humains compris » (sic). Et de détailler : « Le projet du RN promet en effet un recul de la condition animale, une répression accrue des lanceurs d’alerte et une dégradation des droits fondamentaux. » Dans son observatoire « Politique & animaux », L214 a attribué au président du RN Jordan Bardella « la note catastrophique de 5,7/20 ».

Concernant les autres partis, l’association note que « la question animale semble être abordée uniquement dans le programme du Nouveau Front populaire ». Tout en estimant que « les précédents gouvernements et majorités parlementaires n’ont pas brillé par leur engagement pour les animaux ». L’ONG rappelle notamment que le gouvernement a « publié deux décrets qui rendent encore plus faciles la création ou l’extension d’élevages intensifs ». Et « une arrivée de l’extrême droite au pouvoir pourrait aggraver la situation », craint L214.

La Conf' « appelle le Nouveau Front populaire à porter et concrétiser » ses demandes