Les biostimulants n’ont que peu d’effet sur les cultures légumières, que ce soit avec ou sans stress de la plante, selon une étude de plusieurs organismes de recherche de l’Ouest. Les pistes de recherche s’orientent vers leur utilisation dans des systèmes agroécologiques complexes.
Mené de 2022 à 2024, le projet Reccable, consacré à la résilience au changement climatique par l’application de biostimulants, a livré ses résultats, qui ont été présentés le 14 janvier au Sival, à Angers, par le CTIFL et le Comité départemental de développement maraîcher (CDDM) de Loire-Atlantique. Trente-quatre produits ont été testés sur salade, épinard, radis, tomate et concombre, en provoquant dans certains cas un stress thermique chaud ou froid, ou un stress hydrique. Ils ont été choisis pour la transparence sur leur composition et en excluant tous produits contenant des matières fertilisantes.
« Sur 145 combinaisons testées en chambre de culture, 24 ont généré une réponse positive », chiffre Charlotte Berthelot, ingénieur CTIFL. Selon les produits et les conditions de stress, elle relève également des effets négatifs vis-à-vis du témoin. Passé l’étape des chambres de culture, les tests au champ des 34 biostimulants n’ont, eux, généré aucune réponse positive. Même constat pour le concombre sous serre hors-sol : « Aucun biostimulant n’a permis d’améliorer le rendement. Il y a peut-être d’autres effets bénéfiques, mais nous avons passé beaucoup de temps et étudié beaucoup de critères pour ne pas observer grand chose », souligne à propos de cette culture Landry Rossdeutsch, ingénieur CTIFL.
Un produit à base d’algues a, là aussi, révélé des effets négatifs, notamment en conservation post-récolte. Pierre Parodi, conseiller en production de concombre sous serre au CDDM voit un résultat positif dans les données obtenues. « Ce projet a permis de montrer que les biostimulants représentent une perte sèche pour les producteurs dans certaines conditions ».
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Des modes d’actions très spécifiques
Au-delà de l’utilité ou non des biostimulants, le projet Reccable questionne les conditions d’utilisation de ce type de produit. « Nous ne disons pas qu’ils sont tous à jeter, mais ces résultats posent la question de comment rendre le mode d’action plus effectif », interprète Charlotte Berthelot. Le projet a ainsi montré que les biostimulants agissaient à différentes étapes du cycle de l’azote selon les légumes. Pour la laitue, les effets sont constatés sur l’assimilation en eau et la nutrition azotée dans les feuilles, alors que pour le radis, il s’agit de la réduction du stress oxydatif et de l’assimilation de l’azote.
« Il n’est pas possible d’apporter un biostimulant comme sont utilisés les produits phytos. Ils doivent être couplés avec des pratiques agroécologiques vertueuses. Il faut par exemple jouer sur la niche écologique en associant des produits pré-biotique et pro-biotique, ou travailler sur la réduction des engrais minéraux ou l’apport d’engrais organique », se projette la chercheuse.