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  Patrick Duplan (Pacifica) « L’ensemble du marché devrait rapidement se mettre à l’assurance récolte »

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Presque 4 000 contrats en sept semaines, tel est le résultat de la première campagne de souscription en assurance récolte de la part de Pacifica, la filiale assurance du Crédit agricole. Un bon résultat, à entendre Patrick Duplan, son Directeur général. La part principale revient aux grandes cultures, suivies par l’arboriculture fruitière puis la vigne. « L’assurance récolte ? L’ensemble du marché devrait rapidement va s’y mettre », estime Patrick Duplan. Pacifica pense maintenant à un produit fourrages, destiné aux éleveurs, tout en jetant les bases d’une réflexion sur une assurance revenu.

Selon Patrick Duplan, « la campagne commerciale, de courte durée, qui s’est déroulée du 10 février jusqu’à début avril pour assurer toutes les cultures des semis d’hiver a permis la souscription de 3 789 contrats en 7 semaines ». Chargé du projet assurance récolte chez Pacifica, Julien Duyck précise : « 137 millions d’euros de capitaux ont été assurés en grande culture, 26 millions en fruits et 20 millions en vigne ». Le taux de franchise choisi par les agriculteurs est plutôt plus faible en grande culture qu’en arboriculture. La majorité des exploitations en grande culture a choisi 10 % ou 15 % de franchise, explique Julien Duyck. En arboriculture, 65 % ont choisi des franchises entre 20 et 25 %. En vigne, 60 % ont souscrit avec des franchises entre 15 et 20 %.

Le rendement individuel comme base

Comment fonctionne le produit assurance récolte de Pacifica ? La base, c’est le rendement par exploitant. « Il s’agit d’un produit adapté à chaque type d’agriculteur explique Patrick Duplan, en fonction notamment des rendements observés sur son exploitation et donc de sa technicité». La base, c’est le rendement historique moyen, sur une période de 5 ans avec un prix qui est la moyenne des 3 dernières années. L’agriculteur choisit une franchise, de 10 % mini à 40 % maxi. Si son rendement moyen est de 9 tonnes/hectare et qu’il choisit une franchise de 10 %, cela signifie qu’on lui assure la différence entre 8,1 tonnes et sa récolte réelle en cas d’aléa climatique. Et cela au prix moyen des trois dernières années.

Réflexion sur une assurance fourrages

Les résultats sont très prometteurs, selon les responsables de Pacifica. « L’assurance récolte ? L’ensemble du marché devrait rapidement va s’y mettre», estime Patrick Duplan. D’autant que les résultats semblent assez homogènes selon les territoires : « La grande majorité des contrats ont été signés dans un quart des caisses régionales. Il y a une très bonne répartition géographique des souscriptions avec par exemple un bon développement dans le sud-ouest, le centre, la Bourgogne et le couloir Rhodanien». Bilan : un chiffre d’affaires assurance récolte qui représente 7 millions d’euros.

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Les prochaines campagnes d’adhésion s’annoncent donc prometteuses et Pacifica commence à travailler aux étapes suivantes : « Nous avons en réflexion un produit pour les éleveurs, qui se baserait sur une indemnisation du coût supplémentaire d’achats d’aliments suite à un évènement climatique, de même qu’un produit d’assurance revenu qui utiliserait l’outil des marchés à terme ».

Ces produits figurent dans l’arsenal d’une stratégie ambitieuse en matière d’assurance agricole. « Fin 2004, deux ans et demi après notre lancement dans l’assurance agricole, le nombre de contrats souscrits dans ce domaine était de 200 000 . En 2006 on sera à 400 000 contrats en portefeuille et nous serons alors devenus le 2e assureur agricole français en terme de part de marché. L’objectif est d’atteindre 30 % en 2010».