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Santé végétale L’ergot du seigle a fait son apparition dans le blé en France en 2006

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L’ergot du seigle, une vieille maladie tombée dans les oubliettes, a été repéré localement dans certaines parcelles de blé dans le Nord de la France. Le printemps frais et humide et le semis sans labour en sont les causes principales. Rien d’inquiétant, à condition de prendre certaines précautions pour les semis prochains.

La présence d’ergot a été signalée dans plusieurs secteurs du nord-ouest de la France, du Nord au pays de Bray (Seine-Maritime et Oise) puis dans l’Eure, en passant par les Yvelines. Cette maladie a un très faible impact sur les rendements, mais elle se révèle toxique pour l’homme et les animaux, car le champignon produit des alcaloïdes. C’est pourquoi le seuil de tolérance est extrêmement bas. Les lots de céréales contenant plus de 0,5 % en poids de sclérotes Petits corps compacts de la taille d’un grain de riz contenant les spores du champignon pathogène et qui se conservent dans le sol sont non admissibles pour l’intervention. Concernant les semences certifiées, il ne doit pas y avoir plus de trois sclérotes (ou fragments de sclérotes) par lot de 500 grains.

Quelques lots refusés

Les contaminations sont très localisées, principalement dans des parcelles conduites en techniques simplifiées sans labour, ou avec un précédent seigle. La maladie a aussi été observée sur du chiendent, qui est une plante hôte. La fraîcheur et l’humidité du printemps 2006 ont favorisé la maladie. Selon Vincent Leprévost, chef du service régional de la protection des végétaux de Haute-Normandie, il y a eu quelques lots de blé refusés par les organismes de collecte, « ce qui est très rare, même si cela reste anecdotique par rapport à l’ensemble de la récolte française », souligne-t-il.

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Vincent Leprévost insiste sur les moyens de lutte contre l’ergot du seigle : « Il est important de détruire les graminées aux abords des parcelles, notamment le chiendent. Le labour est aussi un bon moyen de lutte car l’inoculum se conserve mal une fois enfouie dans le sol alors qu’il se conserve bien dans les résidus de cultures. Il faudra aussi être très attentif à la qualité des semences, soit en utilisant des semences certifiées soit en soignant le triage et le traitement des semences de ferme ».